J’avais prévu de ne plus faire passer de pétitions ici… et je le fais quand même, car c’est trop important. Elles sont trop belles, me tiennent trop à cœur, et surtout elles sont trop fragiles sous leur costume de roc.
Les montagnes sont donc à défendre et protéger contre le bétonnage, l’appropriation, l’artificialisation, la dégradation et la montée des valeurs néolibérales, toxiques, et inhumaines, depuis les profondes vallées du fric vers les sommets les plus épurés.
§
(…) L’espace montagnard n’échappe pas à la loi commune.
Là aussi rapidité et uniformité s’enracinent et se propagent. Les pressions d’équipement sont tenaces, multiformes, même si l’inévitable prise de conscience a eu lieu ; les bonnes intentions sont affichées : développement durable, valorisation du patrimoine naturel, agriculture bio, lutte contre le réchauffement climatique, économie solidaire, sauvegarde des cultures…
Ces nouveaux objectifs semblent consensuels.Et pourtant… Les mécanismes du passé, fondés sur l’exploitation toujours accrue des ressources d’un territoire pourtant limité, perdurent. Pire, ils menacent nos rêves, ils continuent à figer l’avenir de nos massifs, alors même que ceux-ci et les populations qui les façonnent ont besoin de nouvelles perspectives. Les projets de développement lourds, dignes du siècle passé s’enchaînent, s’accélèrent même, comme si de rien n’était. Le béton coule à flots, perpétuelles extensions des espaces aménagés au détriment de la haute montagne vierge ou des espaces dédiés à l’agriculture, course au gigantisme des stations…
L’histoire nous l’a pourtant appris : les modèles figés ne fonctionnent pas.Mais qui décide ? Et surtout, qui profite réellement, financièrement et humainement, de cette fuite en avant dans l’artificialisation de nos montagnes ? (…)
§
L’APPEL POUR NOS MONTAGNES est à signer ici, pioché par la grâce des activistes montagnards de Mountain Wilderness. Et à diffuser largement, car il se trouvera toujours quelqu’un autour de vous pour avoir un souvenir plus ou moins vague de la rencontre avec cet élément premier, si ancien, si puissant, si inamovible et pourtant si changeant… si vivant.
Un vague souvenir… fût-ce une vieille balade pyrénéenne arpentée en zig-zag du temps de la famille et de l’enfance, un début d’escalade alpine à rigoler de peur dans les bribes de la verticalité…
fût-ce une contemplation ravie des hauts sapins vosgiens croulant de neige croisés en ski de fond…
fût-ce, même (j’en connais un), un paysage bien réel de lac gelé et de pierre noire rappelant les décors virtuels et démesurés d’un célèbre jeu en ligne très addictif…
Je veux dire que la Montagne, non seulement ça vous gagne (saletés de pubs toxiques vissées en plein crâne, même après des années de décontamination !), mais surtout cela nous parle, à tous. Au plus profond de nous, comme un artéfact. Et cela nous concerne tous. Comme la Forêt, comme l’Océan. Comme ces entités énormes, divinisées, enveloppantes, matricielles, qui se retrouvent soudain intrusées, mutilées, violées et dévastées… Et dont la réparation ne sera jamais guérison complète, jamais restitutio ad integrum, comme disaient les doctes.
Comme la Mer, comme la Mère. Il y a d’ailleurs quelques mots de la navigatrice Isabelle Autissier dans les paroles des signataires, je crois que ce n’est pas un hasard :
§
La planète n’est plus comme avant, elle ne sera jamais plus comme avant, il faut trouver le moyen d’être en association et en co-évolution avec le milieu dans lequel on est. On ne va pas continuer à se développer avec le modèle qu’on a aujourd’hui. Tous les endroits préservés nous donnent de vraies armes et si l’on n’est pas capable de comprendre cela, on insulte l’avenir.
§
Beaucoup de choses à faire, donc, pas seulement des signatures, et pas seulement pour les montagnes.
Pour que tout cela ne reste pas au stade de belles paroles, je vous laisse avec l’une de ces belles paroles fortes d’être vraies, puissantes d’être réalisables :
§
Jean-Pierre COURTIN,
ingénieur forestier,
ancien directeur
du Parc Naturel Régional Vercors« Ma main n’a plus prise, le monde m’échappe,
je peine à le penser, je perds confiance.
Alors la montagne s’offre à mon expérience;
de liberté, de volonté, de responsabilité.
On ne triche pas avec la montagne, elle m’oblige,
elle me rappelle à l’autonomie, à l’invention;
elle me délivre, et ma main à nouveau peut saisir le monde. »
§
(Ce billet me donne une terrassante envie d’aller crapahuter à nouveau…
Vivement la (re)découverte, à partager à one-more-people,
de la sauvageté qui nous entoure et nous berce… :) )


“Plus on se sent petit devant la montagne, plus on partage sa grandeur. Je ne sais pas pourquoi il en va ainsi.”
Arne Naess,
qui sait de quoi il parle (… et en parle humblement, preuve qu’il sait de quoi il parle…)
Oui. Oui. Oui :)
(j’aurais voulu caler un petit morceau d’ “Histoire de la montagne” d’Elisée Reclus, également, qui est une ode complète à icelle, mais je me suis faite rattraper par la vie en 3D ;) )
Ah il faut que je le chope celui-là, depuis le temps que j’en entends causer ! (entre autres “il fâût que je le chopasse”-books sur une liste plus ventrue qu’un père Noël au bide rebondi de $$$)
Bon maintenant c’est net, voilà que la journée, déjà tissée de nostalgie océane, se redouble de mélancolie montagnarde… en replongeant dans mes petits paquets de photo ai retrouvé tout un tas de souvenirs, le bleu profond, profondément dangereux d’un lac de Corse sous un ciel d’été… les pentes dévalées sous les orages estivaux, moments vitalisants jusqu’à la griserie… et puis le plaisir, aussi, de faire découvrir la montagne à un chiot-tout-fou, le beau Riklès, berger des Pyrénées hyperactif et qui vécut son premier été dans les Alpes, à accueillir de son minois de peluche ursine les grimpeurs au sommet des sentiers… priceless. Et alors niveau découverte à travers des yeux et un esprit tout neufs, j’imagine ce que tu dois attendre ça, oui ! :)))
Oh oui :)
Un flocon-pensée pour le chiot tout fou à la découverte des vastes espaces, et un coup d’hypocras pour faire passer la nostalgie :-*
Les montagnes me manquent…. mais je ne manque pas de signer & partager l’appel ! :)
Bises aux Grande Dames de pierre & de verdure ( et de neige), et bises à toutes deux :)
Lulla
Hey :)
merci de ta patte et de ton partage ! Oui les Dames ont mis leur robe neigeuse, là, ce n’est pas descendu jusqu’ici mais ça ne saurait tarder ^_^