(Note pour les lecteurs de Clef : attention, billet long et pas drôle. Ceci est un mail envoyé aux auteurs de l’article, et en copie, billet déposé ici pour mémoire – justement. Il est conseillé, pour en comprendre la raison, de lire d’abord et surtout l’article en question, chez ‘Les mots sont importants’, lien ci-dessous. Et il est plus que recommandé de rebondir en mode Perce-neige du billet précédent, autrement plus positif et engageant ; j’aurais voulu ne pas poursuivre la semaine sur une note si sombre, mais parfois il le faut. A très vite donc, et plantez plein de graines !!)
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Bonjour,
un courrier que je voulais rapide, mais qui sera long, pour vous remercier, grandement, de ce texte tout juste paru sur Les mots sont importants intitulé Violence Normale Supérieure, et qui revient sur les diverses formes de discriminations violentes à l’œuvre à l’Ecole Normale Supérieure.
J’ai donc lu votre document. J’ai eu l’impression de replonger sans préavis dans la première moitié de mes années de médecine.
Ce n’était donc pas l’ENS mais pourtant, que de similitudes, que de sentiment de triste et sale familiarité dans ce que j’ai lu. L’ambiance sexiste ordinaire, la grossièreté crasse à tous les étages, le racisme à peine voilé quand il n’est pas claironné, et puis, oui, il était important de le souligner, ce racisme de classe encore plus présent, fort, détestable, dégueulasse.
La “corpo” équivalent de votre Bureau des Elèves je suppose, un peu omnipotente, gérant des soirées à la distribution des polycopiés, les liens louches avec les sponsors qui faisaient couler l’alcool à flots, la pression permanente pour faire la fête, et faire la fête = boire un max et vite et supporter les infernaux carabins qui n’en peuvent mais de se rouler dans la jouissance sadique…
Et encore… les bizutages auxquels on se sent obligé-e de participer, s’estimant chanceuse, en plus (quand j’y repense, si j’avais alors été célibataire !) de bénéficier d’un statut soi-disant “protégé” par un petit ami officiant comme “parrain” dans la promo précédente, qui se targuait de m’avoir fait éviter les pires épreuves, les plus obscènes notamment…
Les séjours au ski qui se résumaient, pour les plus acharnés qui s’y rendaient, à détruire à la masse la moitié de l’hôtel investi dès le premier jour et d’enchaîner beuveries, scatologie et parties pas très fines (et je passe sur les récits graveleux de collections réfrigérées de certaines sécrétions)…
Les appariteurs invisibles, transparents, qui préparaient les salles, ouvraient les portes, nettoyaient les tableaux, inexistants sauf quand il s’agissait de râler contre telle broutille considérée comme due…
L’épisode tragi-comique où ce délire grandissant, à moitié sectaire et se prenant très très au sérieux, de “La faluche” avait suscité chez quelques uns d’entre nous un fou rire tel qu’il s’était soldé par des serviettes en papier posées sur la tête par nous-mêmes, moi et mes ami-e-s nous autosacrant anti-faluche en riant un bon coup, et le tout provoquant un scandale assez disproportionné contre nous, les ‘dangereux communistes’, pour avoir osé moquer le fier symbole des faluchards, une réaction dont l’ampleur ridicule nous avait atterrés…
(comité de la Faluche d’ailleurs où ledit petit ami poussait en vain pour qu’on y entre, au motif – lui aimant bien la boutanche – que peu importait les valeurs (se réclamant de Napoléon…), l’alcool y était gratuit et nous n’avions pas un flèche…)
L’homophobie tellement présente que personne ne semblait y faire attention (je me dis autre chose maintenant, repensant à certains collègues qui rasaient un peu les murs)…
Les bites dessinées par centaines, jusqu’à la nausée, sur les tables d’amphi, les bancs, les murs, les polys, les cours (et interdiction de ne pas rigoler quand on vous honorait du Signe de la Bitoune, hein)…
Le mépris, là encore, comme vous l’avez bien explicité, pour tout, tout ce qui n’est pas dans la ligne, la norme, le dogme, la fausse revendication de liberté cachant (mal) le réel processus de moulage et formatage, la fausse impertinence envers les pontes, les profs, les chefs, cachant tout aussi mal une servilité qui s’avéra fort utile plus tard pour les oraux, les stages et les carrières…
Le culte du chef, depuis le petit bureau épicentrique de la corpo aux grands bureaux des doyens…
Et le reste à l’avenant, les notes qui s’améliorent brusquement quand on est fille du docteur machin, et qu’on a 13 en entrant dans certain bureau et 18 en en sortant… Les quelques oraux (pas tous, heureusement !) où il était conseillé d’arriver en jupe ; ceux où il valait mieux connaître les résultats des joutes rugbystiques…
Les cours privés, ultra chers, refilés aux plus désargentés d’entre nous, avec parfois et sciemment, des réponses fausses histoire de nous faire planter les concours, les cours et QCM privés (donnés en outre par les mêmes profs qu’à la fac, ce qui était bien pratique pour connaître à l’avance quelques questions d’épreuve d’ailleurs – cela arriva), que les plus aisés, les plus ‘placés’ pouvaient justement se payer larga manu, sans avoir à se taper, à côté des heures de révision, des nuits comme aide-soignant à changer des dizaines de couches gériatriques, comme je le fis, comme le firent mon pote Malik et bien d’autres…
Brrr, j’ai des frissons rien qu’à repenser à tous ces aspects de cette dure période.
Donc je ne m’étends pas plus sur ce que tout le monde connaît déjà, je voudrais juste insister sur ceci : votre document est doublement utile et nécessaire, d’abord parce qu’il prouve à chacun (j’en fis l’expérience ce jour) que ces situations ne sont pas des cas isolés, individuels, pas limités à l’ENS ou aux grandes écoles – même s’il est révélateur que ce soit aussi marqué dans ces lieux-là – mais bien une systématisation dangereuse et nocive de comportements sociaux brutaux, intolérants, sexistes, racistes et discriminatoires (et, vous le dites bien également, hautement capitalistes dans l’âme et la structure) destinée à modeler les étudiants selon un schéma précis et à écraser les autres, le mot n’est pas trop fort, et que donc cette systématisation, son principe, ses moyens et ses effets, se retrouvent dans de nombreuses institutions à commencer par les supposées les plus nobles (!).
Et ensuite parce qu’il a fallu, plus de dix ans après, que je vous lise, attentivement, mot à mot, pour * réaliser * le climat de violence sexiste et de racisme, de classe ou autre (sans parler du reste, mais principalement) dans lequel je me trouvais à l’époque. Il m’aura fallu un regard extérieur au mien, sur une institution autre que celle où je dus passer, pour que je prenne conscience, intégralement et non plus seulement ‘un peu sur les bords‘ et ‘pour faire ma rabat-joise‘ (sic), du caractère violent, inégalitaire et insupportable de ce microcosme.
J’ai pourtant passé des années à rêvasser que je partais voguer sous d’autres voiles, aller faire des études de philo ou que sais-je, dans la gentille fac gaucho d’à côté, et non à m’égarer au milieu de cette soi-disant et auto-proclamée élite française, qui se croyait au-dessus de tout et de tous, qui plus tard gèrera des services et des cliniques, qui prétendra soigner la population qu’elle méprise, qui avec ses robes de soirée gantées (véridique) et ses beaux costards enfaluchés, glissait dans les flaques de bière bon marché en hurlant du Michel Sardou (re-véridique) dans les galas de médecine ; et non à me perdre, avant de comprendre un peu, au milieu de ces bizuteurs déguisés en Scream, ah ah, vous allez voir ce que vous allez prendre (et en effet, qu’est-ce que ce fut, en dépit de la toute fraîche loi Royal pour limiter la casse dans les bizutages), à slalomer entre les fameuses mains baladeuses, les présentations en forme de “Et alors, tu suces ?” et les flaques de vomi, et surtout, surtout, au milieu de cet argument sempiternel, usé jusqu’à la corde, de “la grosse déconnade“, du pseudo-humour, bref de la violence véritable, celle de l’esprit, dénié, du sujet bafoué.
(Une dernière anecdote, peut-être un peu éloignée du sujet mais pas tant que ça, que je me remémore avec ces injonctions pas trop marrantes à la fellation – quand ce n’est pas, autre anecdote, la tête attrapée par surprise pour la coller sur la braguette, épisode s’étant soldé par une mienne claque et un éclat de rire général, copains et copines compris, j’ai toujours regretté de ne pas lui avoir craché au visage à celui-là ; je ne sais même pas s’il s’en souvient. Moi oui, ainsi que de son nom.
Donc, pour l’anecdote, et pour dire que cet esprit de corps – expression malheureuse mais plutôt juste pour le coup – n’est ni transitoire ni innocent, mais se perpétue et se renforce avec l’âge et avec la certitude des gens de pouvoir : des années plus tard, interne aux urgences, j’ai subi la seule agression sexuelle verbale provenant d’un patient, la seule de mon encore jeune vie. Fin de soirée, milieu de garde, j’entre dans le box pour l’examiner, une bonne cinquantaine, sorti d’un fossé où il s’était vautré en voiture, alcoolisé mais conscient, le type est allongé en sous-vêtements sur le brancard et pendant que je l’examine il me dit comme ça, sans gêne et sans préavis, exactement comme les étudiants dix ans plus tôt “Tu me suces ?”.
Petite injure, hors de tout présumé second degré, déversée en toute tranquillité. Normal. (Et il ne voyait pas le problème, en plus, non plus que l’infirmier qui était avec moi dans le box, et qui s’est juste un peu marré, en poursuivant son boulot. Non plus que le médecin senior, une fille que j’aimais bien par ailleurs, que ça a fait sourire. Restait mon collègue interne, un peu gêné, qui dansait d’un pied sur l’autre en écoutant le bref récit. Et quant à moi, de surprise, de saisissement, de conditionnement aussi, je n’ai pas davantage réagi qu’avec un simple “Non”.)
Ce patient, là, c’était un médecin, dans la vie. Il rentrait, bourré, d’une soirée de labo où il avait pris une bonne cuite. Jamais, et je dis bien jamais, aucun patient précaire, SDF, ivrogne définitif, aux chaussettes raides de saleté, ne s’est adressé à moi comme ça. Jamais. Un médecin, oui. Un notable. Abus de pouvoir, position sexiste et patriarcale du vieux toubib sur la petite interne, racisme de classe, alcoolémie au plafond et âme vendue aux firmes pharmaceutiques, tout y était. Et tout, je le vois maintenant, prenait racine dans cette fameuse institution, l’Académie de Médecine et ses joyeux Carabins.
(Je suis en même temps en train de discuter avec mon ami de ce courrier, et ceci nous fait fortement penser à l’expérience de Milgram, en un sens. L’ivresse de la classe sociale pour imposer sa norme, sa violence, le sentiment de son bon droit pour broyer autrui, tout ça.)
Merci, vraiment, pour ce texte. Il m’a fait voir dans son entièreté ce que je n’avais jamais vraiment complètement admis, voulu voir. Je n’avais même jamais * réalisé * avant ce jour qu’il s’agissait alors tout bonnement, dans ces comportements, d’agressions sexuelles. Cela m’a fait un petit choc de le lire comme ça, de déchirer le voile et de voir l’évidence.
Maintenant, sortie d’affaire dirons-nous, féministe, écologiste, engagée, antiraciste (et même antispéciste), hétéro mais all-friendly (je ne sais comment dire alors ça va plus vite ainsi), ayant choisi ma voie dans les remous de la vie, ayant affûté mon sale caractère aux mille combats du jour, je me sens loin de cette époque, plus affirmée, sûre de mes convictions et des valeurs minimales de respect des personnes, je ne crains plus de reprendre, systématiquement, la moindre allusion xénophobe ou la moindre pseudo-vanne misogyne ou homophobe que je croise, je n’entends plus le sale alibi de tout supporter au prétexte de ne pas vouloir passer pour coincée, pas intégrée, pas marrante, pas dedans. Je n’ai plus 18 ans, quoi, et je suis heureuse de m’en être sortie ; mais je pense, grâce à vous, à toutes celles et tous ceux qui ont 18 ou 20 ans, là maintenant, et qui y sont, dans cette merde, et qui subissent ça. La violence du conditionnement, et la violence tout court. Vous êtes organisés en collectifs, vous agissez avec justesse et justice, c’est bien, poursuivez, nous on n’avait pas su le faire, peut-être n’avions-nous pas perçu l’importance, peut-être n’en avions-nous pas assez bavé. Continuez, continuez, tous mes encouragements, du fond du cœur et de la mémoire.
Bien à vous,
Petitefa
(PS. Ecrire ce commentaire m’en a fait sortir davantage que je croyais, je voulais faire trois lignes, c’est raté mais ça va mieux en le disant. Si cela ne vous ennuie pas, je vais le garder et le mettre sur mon blog personnel, avec le lien vers votre article, article qui je crois vraiment, parlera à beaucoup.)
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Voilà ! Punaise, ça fait un drôle de remous de voir remonter ces années-là. Mais j’avoue qu’au-delà de la petite voix jamais franchement éteinte du lutin ruminant son “Si c’était à refaire…”, cela me permet aussi de mesurer le chemin parcouru, et de contempler le Nid, et le fil du futur, avec un regard plus que reconnaissant et un très grand sourire. Alors j’essaie de ne pas me dire “si c’était à refaire” mais bien de me focaliser avec bonheur sur “ce qui est à faire“, en écho au “choisir ce que nous pouvons faire du temps qui nous est imparti“, marmonné dans la barbe de Gandalf. Bon, fin du témoignage, retournons à ce grand petit présent qui n’attend qu’un coup de pouce (vert) :)

Merci infiniment pour ce puissant témoignage.
Je réalise aussi, et en même temps que toi, et avec acuité, la violence de monde dans lequel tu te débattais à l’époque.
Et oui, cap sur l’avenir, dans la lumière du sourire !
(Wai, un bon gros cap bien rond sur l’avenir :))) )
Merci de ton mot. Tu sais, comme je le dis dans le billet, moi non plus je ne réalisais pas, pas vraiment, voire pas du tout, le soubassement de cet univers-là. On était tous là-dedans, on ne voulait pas voir, peut-être, et la misogynie ordinaire, le racisme culturel ou de classe ou tout court, à la petite semaine, tout ça, on en rigolait, jaune sans doute, mais on ne l’affrontait pas, on ne le prenait pas pour ce que c’était, de la violence, oui, clairement.
En tout cas je peux te le dire maintenant, j’ai toujours été un peu jalouse de tes années, pas faciles certes mais dans un milieu ô combien plus humain, dans la gentille fac gaucho d’à côté – on voit pourquoi maintenant ;)
En fait, rien que de ne plus être dans cet espèce de cloaque, c’est déjà une grande joie – et lavielavraie en est une plus grande encore ! :)
Bon, je crois qu’il va y avoir d’autres échos ;)
Bé dis donc, t’as eu droit à de ces trucs chelou et bien gerbants, toi aussi, dans ces “party” O.o”
(ça renforce ma satisfaction d’avoir échappé à tout l’aspect fêtard, à l’époque, et tant pis pour la réputation de loser – doublée d’une sale coincée qui objectait, et objecte encore, aux manifestations de “l’esprit de classe”, notamment le coup du traitement réservé au personnel dans ces établissements, dont on voit bien – dont je vois bien, en tout cas, chez d’ex-potes passés au filtre des écoles de commerce et des fêtes à tout va, et dont je me suis sentie complétement étrangère les dernières fois où l’on s’est revus – les répercussions en matière de conscience sociale, et même tout simplement humaine).
Ah, le coup de l’humour potache contre lequel il est in-ter-dit de se défendre, aussi, que d’échos ! Et qu’ils ont raison de souligner, chez Les Mots sont Importants, à quel point tout ce marasme est le terreau malsain où finissent par pousser les affaires DSK…
Bon je manque de temps, mais je plussoie sur la nécessité de l’article et du témoignage, et les remerciements / encouragements à ceux qui ouvrent leur gueule !
Merci pour le partage de ta réponse, et pour le lien. C’est puissant, en effet, pour reprendre les termes de Shambalah.
comme Hélène, j’ai pu échapper à ça mais plus à cause de la nature de mon cursus – études précises, classes petites et sans système festif “organisé”. Mais mon homme ayant fait une unique année d’Ecole de commerce, et m’ayant conté quelque fois l’atmosphère des lieux où il ne sentait pas du tout à sa place, je peux dire par voix interposée que c’est pareil par-là bas aussi. Hélas.
Belle réponse, et oui, ces étudiants ont cent fois raisons de dire haut et fort ce que c’est vraiment, à savoir de la violence.
Je n’ai pas échappé à tout, tu sais, juste au côté festif effréné – peut-être aussi l’aspect “classes prépa” qui a joué, je crois que ce sont les années où l’on bosse, dans l’optique de faire la teuf une fois décroché le concours des Ecoles normales (arf) supérieures (re-arf).
Mais bon, c’était déjà bien malsain, on ne m’ôtera pas de l’esprit que lorsqu’on sort à des gamins de 18 piges tout juste sortis du giron familial (ou dans l’illusion d’en être sortis, parce que pour beaucoup papa-maman casquent largement pour les études) qu’ils sont, je cite le discours d’accueil qui nous fut fait au premier jour et qui semble n’avoir choqué que moi, “l’élite de la France”, forcément ça va mal tourner, quelle que soit la filière… :S
Mais le système était décidément loin d’être ouvert. Le coup que racontent les étudiants, là, de la discrimination envers les “extérieurs” à la sacro-sainte école, c’était déjà là. Les luttes de pouvoir internes doublées d’un esprit de corps face à cet extérieur. Le narcissisme, l’endogamie. La potacherie venue remplacer la vraie contestation de l’autorité – potacherie qui se poursuit, ai vu cet hiver un article racontant que des crétins d’Henri IV ont eu droit à une visite policière pour avoir volé des sapins de Noël, dans une tradition de rivalité avec je ne sais plus quelle autre école. Pfffff. Le paternalisme, ouaip. Le mépris larvé à l’égard des boursiers qui galèrent (me souviens encore d’une réflexion lancée par une nana, comme quoi “nan mais comme on s’en fiche de l’argent, on n’est pas du genre à compter nos sous”, forcément quand papa-maman payent le studio au coeur de Paris et remplissent le frigo, y a pas besoin de compter pour savoir si t’auras de quoi bouffer pour la semaine ><). Le décalage hommes / femmes, du fait que la majorité des internats proposés par ces classes prépa sont masculins exclusivement (héritage napoléonien jamais remis en question, bonjour l'évolution), et que nous autres girls donc priions tout ce qu'on pouvait pour avoir une place dans ze structure d'accueil pour filles, le "Foyer des Lycéennes" (vouii c'était le nom !) au fonctionnement d'un autre temps (visites autorisées deux aprèm par semaine, de 14h à 20h, et les visiteurs émargent à l'entrée et à la sortie, siouplait !)
Bref. Des années qu'on est bien content de laisser derrière soi (brrr, quand j'y repense…) C'était formateur, en tout cas, comme expérience sociale ^^"
Ah, oui, bien malsain en effet…
(je me souviens de l’histoire des horaires du foyer (mais quel nom…), c’était déjà bien croquignolet, mais alors le tableau complet, beuh… pas grand chose à envier à la mentalité des autres institutions évoquées, c’est certain.)
Oui c’est sûr c’est formateur, ce qui ne nous tue pas, etc, mais il y a beaucoup de casse – bon, je me doute bien du caractère ironique de ta remarque ;) – et la perpétuation de cet esprit pourri… erk, je me demande si c’est comme ça ailleurs qu’en France. (j’ai peur de deviner la réponse… mais enfin je laisse le bénéfice du doute)
@ Psyché : oui, terreau malsain est la formule qui convient ! Tu n’as pas loupé grand chose, tu vois, et l’on se passe très bien des avatars de l’humour dit potache – tiens, ça me rappelle une autre histoire de petits mectons fomentant entre eux de petites ligues bien sadiques, bien dézinguantes et bien ancrées dans l’idée d’écraser autrui sous couvert de rigolade, et nous ressortant après coup la pancarte bariolée de ‘l’humour potache’ ! Je n’avais jamais fait le lien comme ça…
@ Lullaby : arf, ouaip, les écoles de commerce ont l’air bien-bien pourrites aussi. Bon, et puis c’est le coeur du système de (ahem) pensée néolibérale là-dedans, donc il paraît assez logique qu’ils appliquent entre eux ce qu’ils apprennent, sans aucun scrupule… J’ai cru comprendre aussi que certains hauts lieux de bizutage à l’ancienne étaient salement réputés, à l’époque où je démarrais mes études en tout cas, comme les Arts et métiers… Enfin, beaucoup d’endroits finalement… Je vous envie avec vos IUT tout sympatoches et vos chemins de traverse ^_^