Nǐ hǎo ! Fraîchement entrée en Tai ch’i ch’uan, je balbutie mon alphabet de mouvements et suis plus que contente d’expérimenter cette pratique, corporelle, respiratoire, spirituelle, tout ensemble.
Le Tai Ch’i, art martial chinois dont on trouve des similitudes dans la pratique respiratoire de l’aïkido japonais, est donc un art martial qualifié d’interne, une ‘boxe’ imaginaire avec un partenaire invisible.
C’est ainsi une façon, aussi belle qu’une autre (et qui a mon admiration émerveillée), de faire circuler le ch’i (ki en japonais), qui peut se traduire très improprement par énergie et un peu – un peu – mieux par souffle.
La succession est identique, l’on est toujours debout, il n’y a pas de mouvements au sol, et l’on est seul, même si l’on s’exerce en groupe ; sauf pour certains exercices particuliers qui se font à deux, les tui shou, les da lu et les san shou – mais là c’est déjà bien trop élevé pour moi.
Je ne m’étends pas non plus sur les formes à l’épée, à l’éventail… que je ne connais point.
La suite de postures et de mouvements constitue la Forme. De nombreuses écoles, courants & sous-courants existent, plus ou moins martiaux, plus ou moins complexes.
Le style que je commence à appréhender comprend 37 pas, ce qui est peu au regard d’autres, mais il y a des raisons à cela. Il s’agit de la Forme Cheng Man Ching, issue du maître éponyme (1902-1975), par ailleurs peintre, poète et calligraphe, un vrai maître en somme, qui a adapté et ‘simplifié’ l’ancienne forme Yang, la plus connue et la plus répandue.
La poétique des noms des postures – embrasser le tigre, la grue blanche déploie ses ailes, repousser le singe, la fille de jade, etc -n’a d’égale que leur trompeuse facilité, car en réalité je trouve cela passionnant mais très, très difficile. Et ça ne se voit pas mais ça déchire, un peu. Un peu tout. ;)
(Cheng : à ne pas confondre avec la forme Chen, très connue aussi, plus longue et très martiale)
Je voudrais en parler des heures, mais rien ne vaut un petit temps de pratique quotidienne, au minimum, avec les échauffements et les postures que j’ajoute au fur et à mesure de mon apprentissage. Tout bouge ! La posture, donc (la mienne), la façon de respirer, le tonus, la position dans l’espace, l’orientation où j’ai un sérieux handicap (la spatialisation si l’on veut), les articulations, les organes profonds, le rapport au temps, le rapport au monde, et enfin, bien sûr et insécablement, les processus psychiques.
C’est un apprentissage qui ne finit jamais.
Et c’est un coup à finir centenaire.
D’ores et déjà : j’adore cette pratique, j’adore me fader le long trajet (bonjour le bilan CO2) et encore plus le retour, depuis quelques semaines ce rendez-vous est devenu indispensable, mon prof est génial et j’attends mon jeudi avec impatience, comme autrefois pour le piano. :)
Et j’apprécie vraiment de me retrouver au petit matin face aux premières lueurs derrière la vitre (il fait froid, je suis dedans), à voir les mésanges, à m’échauffer dans le silence et à répéter quelques mouvements en essayant de ne pas être trop catastrophique, avec le Mister Clef finissant sa nuit au-dessus et les chats profitant tout près de la douce énergie du moment.
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Biblio…
Un seul bouquin en ma possession, le seul auquel on se réfère d’ailleurs en cours : “ Les treize traités de Maître Cheng sur le T’ai Chi Ch’uan “, éd. Le Courrier du Livre, coll. Trésors des Arts Martiaux, léger et complet – une partie théorique et une partie pratique, peu de photos mais sinon rien ne manque, les objectifs et la philosophie qui y sont tranquillement déployés sont tout simplement vertigineux. :)
Bon ! Je crée cette page pour archiver quelques liens et essentiellement pour ne pas paumer les vidéos que l’on m’a envoyées, ou que j’ai trouvées par ci par là. S’il n’en fallait voir qu’une, je conseille la première, la old school, ma favorite, toute piquée, ghost et merveilleuse, de Cheng Man Ching.
A tout seigneur…
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Des vidéos du Professeur…
Cheng Man Ching Form, Yang style, full set
Cheng Man Ching, extérieur
Un atelier de tui shou, sur le site d’une école Yang (exercice à deux, à pas fixes)
Neuf vidéos, Index – avec des recoupements probables avec celles ci-dessus
(màj) NYC, beginners class #2 – la première partie, par le Maître…
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D’autres vidéos…
Forme Cheng – par l’asso culture chinoise
Une démonstration de da lu – exercices à deux, à pas mobiles
Mise à jour : une de Maître Wang – transmises via une collègue pratiquante – l’héritier, en quelque sorte, de la transmission de la forme Cheng Man Ching enseignée à Taïwan. A tomber de fluidité et de précision…
CMC Form mit Meister Wang Chin Shih Taiwan – il manque parfois les jambes, mais superbe démonstration, 2004.
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Le forum de Tai Ch’i Ch’uan qui s’est tenu à Foix à l’été 2010…
Vidéo forum 1 – reportage Ariègenews
Vidéo forum 2 – Epée
Vidéo forum 3 – Sanshou
Diaporama forum de Foix
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…Et d’autres vidéos sur le site de l’association Au Fil de Soi, la célèbre et accueillante école de Tai Ch’i et de Qi Gong ;)
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Archivage encore, avec cette démonstration, pour se faire une idée, d’un autre style, accompagnée de l’enchaînement détaillé des postures : Forme Laojia Yilu.
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Enfin, de très belles tenues pour arts martiaux, fait main, sur mesure, aux belles couleurs, et tout, sont issues du commerce dit solidaire au Vietnam, ici : Hoa Zen.
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Ne reste qu’à pratiquer… :P

Aaaaaah le taï chi! J’en avais pratiqué un peu durant le lycée, lors d’une année particulièrement difficile au niveau relationnel avec mes “camarades” où j’en étais arrivée au point de venir avec une sacrée boule à l’estomac en cours…. Et bien le taï a été une révélation! C’est plein de grâce, c’est lent -et pour quelqu’un de nerveux comme je le suis, c’est l’idéal pour apprendre à mieux canaliser ses nerfs et à transformer ça en énergie positive. Je n’ai pas pratiqué longtemps, malheureusement, mais j’ai mémorisé certains enchaînements, et de temps en temps je les refait. Là, je pratique surtout le Yoga Iyengar – autre philosophie orientale, mais venant d’une autre contrée, et très bien aussi pour retrouver son corps dans son entier, prendre le temps de se retrouver, travailler sur le souffle, et reprendre à nouveau une place dans l’espace.
Hey, une yogi :)
Mêmes impressions que toi, je n’en suis pas à la grâce loin de là, mais c’est un rythme qui me convient parfaitement. J’ai fait un micro test avec l’aïkido, j’étais bien moins à l’aise. Là ça le fait, et ce n’est, j’espère, que le premier pas d’un long chemin…
Un long chemin oui, taï ou yoga, même constat : les effets viennent avec le temps, en douceur… une pratique donc à mille lieues de notre société occidentale et sa culture du tout-tout de suite – et ça fait du bien! :) Tu vois, en 3 ans de yoga, je commence seulement à réaliser les subtils changements induits (mon dos en vrac qui se remuscle doucement, des postures plus “droites”, dans le sens “je prends ma place sans bousculer les autres mais sans me recroqueviller non plus”, des émotions plus fluides, un corps que je redécouvre, un regard différent sur l’univers, les autres, neuf et plus “connecté” à cet univers). Et il reste encore beaucoup à faire, je sens bien que je n’en suis qu’au début!
Je digresse du taï chi, du coup, mais j’ai l’impression que ces 2 philosophies, quoique différentes par leur pratique, se rejoignent.
En tout cas bonne route ! :)
(bien sûr, quand je dis “plus connecté à cet univers” c’est à prendre au sens “+ connecté à cet univers”, et non pas au sens de la négation ^^”)
Oui, c’est drôle, je me retrouve vraiment dans les effets que tu décris, dans une moindre mesure (je super-débute) et malgré le fait que les pratiques soient différentes. C’est bon de sentir ça, hein ? “Davantage” de connexion, ouaip, je l’avais bien saisi – et ressenti, un peu – ainsi. :)
Je crois que dans ces voies-là, passablement infinies, on en reste toujours, en un sens, au “début” ! Il y en a que ça décourage, cette notion de route sans fin, d’éternel apprentissage… moi ça me rassure, au contraire, je ne saurais dire pourquoi mais c’est une idée qui m’apaise incroyablement ^_^
Donc voilà, ça ne digresse pas tant que ça au final, je dirais même que ça converge grave ;)
Bonne route à toi aussi, dear !
Ah, cette impression d’harmonie, de simplicité complexe et profonde… beautiful.
Thanx pour la démonstration, et les explorations esquissées ! Je fais comme les chats, je me pose en silence paisible pour sentir circuler l’énergie, et apprécier la grâce. :-)
Un bonheur n’arrivant jamais seul, et une synchronicité n’arrivant jamais par hasard (de fait), voilà que hier je trouve deux livres d’occasion sur le Qigong (livres dont je ne connais pas encore la qualité, mais bon, faut tenter) et qu’aujourd’hui mon cher papa m’envoie cette passionnante interview que je vous reproduis in extenso, et qui est toute pleine de choses que répète mon prof à longueur de séances.
Contenu un peu technique mais très éclairant, pour tout le monde en fait.
(j’aimerais bien proclamer le Taiji comme élément indispensable de tout soin global qui se respecte, halàlà)
Désolée, je n’ai pas encore la source, mais cela ne saurait tarder et je l’ajoute dès réception. :)
EDIT : voici le lien source, en couleurs et avec les fautes (que mon toujours cher papa a corrigées dans la version ci-dessous) :
http://www.taichichuan-cornelia.com/pages/questions.php
§
“* Quel est le symbole représentant le Tai-Chi Chuan et quelle est sa signification ?
Le symbole s’appelle taiji et représente deux poissons, l’un noir, l’autre blanc soit le Yin et le Yang. Le poisson blanc est le Yang et le poisson noir est le Yin.
Chaque poisson dans son entité contient la “graine” de l’autre (le petit rond de couleur opposée en son centre) et ainsi nous rappelle la transformation cyclique de l’un dans l’autre et leur interdépendance. En regardant le symbole, on voit les deux poissons tourner dans le sens des aiguilles de la montre. Donc, avec le symbole Taiji (ou tout court : Yin-Yang), nous avons la représentation de la polarité universelle.
La traduction exacte du mot Taiji serait “le faîte suprême” – il s’applique au nom Yin-Yang, il est intégré dans la philosophie chinoise. C’est une façon pittoresque de faire la différence entre le haut et le bas, le dedans et le dehors, le début et la fin, etc.
Et Tai-Chi Chuan (Taijiquan) signifie la boxe (l’art martial) de la polarité.
* Quelles sont les principales techniques sur lesquelles est basé le Tai-Chi Chuan?
Elles sont au nombre de 13 soit 5 techniques pour les pieds et 8 pour les mains. Les techniques pour les pieds sont : avancer, reculer, tourner à droite, tourner à gauche et rester au centre. Celles pour les mains sont : parer (Peng), presser (Ji), tirer (Lu), appuyer (An), cueillir (Tsai), coup d’épaule (Kao), tordre (Lie) et coup de coude (Zhou).
* Les 8 techniques pour les mains sont divisées en 2 groupes distincts. Quatre sont orientées sur les 4 directions cardinales et les 4 autres sur les diagonales. Lesquelles font partie du premier groupe constituant le carré ?
Ce sont Peng, Lu, Ji et An. Ce sont les énergies orientées de face, un tui-shou qui permet d’établir un flux ininterrompu entre deux partenaires. Cette petite série s’appelle Xiao Lu.
* Nous avons donc vu Peng, Ji, Lu et An. Il nous reste maintenant les 4 autres technique des mains pour compléter la liste des 8 techniques des mains du Tai-Chi Chuan. Quelles sont-elles ?
Ce sont : Cai, Lieh, Kao et Zho.
Ces quatre techniques sont aussi appelée Da LU ou Grandes Diversions ou encore les Techniques des quatre coins.
Les forces en jeu sont ici plus martiales et rompent le contact avec l’adversaire. On pourrait dire que les techniques diagonales sont des technique d’urgence et secondaires au techniques du carré.
* Qu’est ce que le Chi ou le Qi ?
On pourrait traduire « Qi « par le Souffle, le Fluide, l’Energie Vitale ou encore par Prana si on prend le terme du Yoga ou le Ki dans la tradition Japonaise. Dans la tradition chrétienne, on parlerait du Souffle de Dieu. En d’autres termes, c’est ce qui anime le vivant. Les chinois utilisent aussi le mot Qi pour parler de l’environnement comme nous nous parlons de vibrations.
* Qu’est ce que c’est le Wu Chi et quelle est la signification de la position nommée Wu Chi?
Dans la cosmologie chinoise, le Wu Chi est la mère du Yin et du Yang.
Le “Wu Chi” correspond à l’état originel, celui d’avant la séparation entre les forces polaires nécessaires pour engendrer tout mouvement ou création.
Ainsi nous utilisons la position Wu Chi en préliminaire de la forme, une position debout sans séparation du Yin et du Yang afin de nous centrer : le poids également réparti sur les deux pieds, le corps aligné de telle façon qu’il forme une unité entre le haut et le bas, la gauche et la droite, les bras connectés ou énergétiquement englobés dans le torse. L’esprit, la respiration et le corps physique s’ajustent pour simplement ETRE entre ciel et terre. Cette position donne libre cours à un échange des énergies du ciel et de la terre au travers de notre corps et nous ressource. On pourrait dire que c’est une façon de charger nos batteries et d’entrer avec justesse dans les mouvements du Tai-Chi Chuan.
* Est-ce que vous pourriez nommer 5 caractéristiques par lesquelles on reconnaît le Tai-Chi Chuan?
Selon sifu Bow Sim Mark:
1) continuité du mouvement
2) calme dans le mouvement
3) relaxation dans le mouvement
4) harmonie entre l’intérieur et l’extérieur
5) harmonie entre la souplesse et la fermeté
On dit que les mouvements de tai-chi chuan doivent découler comme une grande rivière, continue et calme, sans interruption. Le corps bouge avec un effort musculaire minimal, de façon détendu.
* Comment peut-on traduire Dantien?
Dantien est le terme Chinois pour le centre énergique. En fait, nous travaillons avec 3 Dantien,
3 centres énergiques qui correspondent également aux 3 trésors: Jing, Chi, Shen.
Le Dantien inférieur se trouve environ 2 doigts plus bas que l’ombilic, à l’intérieur de l’abdomen et il est le centre qui est associé au Jing.
Le Jing est le trésor qui exprime la création, la sexualité, la manifestation, le mouvement. On pourrait le comparer à la lumière (ampoule)
Le Dantien du milieu se trouve dans la poitrine et est associé au Chi.
Ce centre collecte tout nouvelle énergie qui nous revient par la respiration, l’alimentation et les relations. On pourrait comparer le Chi à l’électricité.
Le Dantien supérieur se trouve entre les sourcils et est associé au Shen. Ce centre est le siège de l’énérgie mentale, concentration, intellectuel et spirituel, de l’abstrait. Shen est l’expression de sa spiritualité. On pourrait dire: c’est le maître électricien.
Les trois Dantien sont d’importance égale dans le tai-chi chuan, même si l’on travaille au début da vantagesur le dantien inférieur. C’est parce qu’il est associé au mouvement, à l’expression de l’énergie. Plus tard on travaille plus sur le deuxième dantien, associé à la respiration et le chi. La troisème étape serait le travail sur le dantien supérieur. Le but est de veiller tout au long sur les 3 trésors qui sont interdépendants.
* Connaissez-vous les 10 règles de Tai-Chi Chuan donné par Yang Cheng-Fu (1883-1936) ?
1. Mettre l’énergie au sommet de la tête, garder l’esprit vif et détendu
2. Rentrer la poitrine et étirer le dos
3. Relâcher la taille
4. Distinguer le plein et le vide
5. Baisser les épaules et les coudes
6. Employer la pensée et non la force musculaire
7. Relier le haut et le bas
8. Unir l’intérieur et l’extérieur
9. Bouger dans la continuité – sans interruption
10. Rechercher le calme dans les mouvements
* Est-ce que la codification des mouvements et des enchaînements fait loi ou a-t-on le droit de faire des changements ?
Le Tai-Chi Chuan est un héritage. En tant qu’élèves, nous sommes liés à la codification donnée par respect pour les créateurs de ces enchaînements et pour la tradition. Toute modification doit être faite consciemment et non par négligence.
Pour les pratiquants, cette codification assure un développement correct de l’art et libère également l’esprit pour permettre une concentration sur le travail interne.
Il faut arriver à une maîtrise profonde pour pouvoir créer ses propres enchaînements car toute modification implique ou signifie le début d’un nouveau style. Par exemple, le style Yang est le résultat des modifications apportées par Yang Lu Chan, le style Cheng Man Ching, le résultat des modifications apporté par le maître sur le style Yang, ou encore le style William Chen, le résultat des modifications du maître sur le style Cheng Man-Ching.
Néanmoins, le Tai-Chi Chuan est avant tout une façon de bouger et cela peut être entraîné par improvisation libre tout en respectant l’essentiel.
* Par le passé, nous savons que les maîtres étaient très respectés par leurs élèves et très vénérés. Comment cette relation maître/élève a-t-elle évolué dans le Tai-Chi Chuan ?
C’est vrai que la relation entre maître et élève était bien différente dans le temps. Nous avons tous entendu des récits de disciples attendant fort longtemps devant la porte du maître avant d’être accueilli dans son école ou de tâches imposées aux élèves (comme nettoyer les lieux, par exemple) en signe de complète soumission. En Chine, ce code de comportement était sans doute inspiré par le confucianisme lui-même basé sur un ordre hiérarchique de la société comme le respect des jeunes envers les aînés, de l’élève envers son maître, ou encore des femmes envers les hommes. Depuis, la société a changé et la philosophie de Confucius a perdu de son poids sur la société qui s’est généralement redéfinie. Il ne reste, par exemple, plus que quelques écoles qui pratiquent le Bai Shi, l’initiation ritualisée qui lie moralement l’élève au maître et à son enseignement dans les écoles de Tai-Chi Chuan.
En Europe, la relation élèves/professeurs est généralement libre de contrainte autre que celle du respect mutuel. Il va de soi qu’une certaine éthique découle naturellement d’une pratique comme le Tai-Chi Chuan qui est par ailleurs aussi un exercice de développement de soi. Le professeur doit se comporter avec bienveillance envers ses élèves et les élèves doivent reconnaître les connaissances de leur professeur et faire confiance en son jugement. C’est pour ces raisons que les bons élèves n’enseignent pas la transmission sans l’accord de leur professeur.
* Il est écrit dans les textes : Sans montagnes (sans bosses), ni vallées (ni trous). Qu’est-ce que cela signifie ?
Le mouvement doit être fluide sans extrêmes. L’alignement du corps doit être dans une ligne douce et continue.
* Quelle est la différence entre le Qigong et le Neigong?
Sous le mot de Qigong, on regroupe tous les exercices énergétiques chinois. Le mot Neigong quant à lui regroupe plus précisément les exercices internes.
Le Qigong lorsqu’il est précisé par le mot Neigong est pratiqué dans les arts martiaux pour augmenter la force interne et protéger le corps des attaques violentes.
Le Qigong lui est pratiqué pour la santé en général; il est normalement accessible à tout le monde. Le Neigong demande un plus grand investissement physique et mental que le Qigong de santé.
* Est-ce que c’est plus efficace de s’entraîner à l’intérieur où à l’extérieur?
Il est bien connu que les chinois s’entraînent dans les parcs, tôt le matin. Mais cela concerne un Tai-Chi Chuan populaire, souvent décrit comme une sorte de gymnastique de santé.
Evidemment, c’est un avantage de pouvoir travailler dans un environnement sain et propre, avec de l’air frais. Ces conditions peuvent être réunies tant dehors que dedans. Le lieu où l’on pratique le Tai-Chi Chuan relève davantage d’un choix personnel.
Nous disposons à l’école d’une salle créée pour le Tai-Chi Chuan et entrer dans le wuguan nous met immédiatement dans l’ambiance Tai-Chi Chuan. Il est plus facile de se concentrer dans un espace protégé à l’abri des regards, de spectateurs et des distractions qu’on rencontre inévitablement dans la nature. C’est pour ces raisons que nous dispensons, dans notre école, presque tous les enseignements à l’intérieur du wuguan.
Par contre, lorsqu’on se trouve dans une nature pure et forte, l’envie de jouer du Tai-Chi Chuan vient de soi et la communion avec l’environnement donne une force extraordinaire.
* À quel rythme faut-il s’entraîner pour faire des progrès?
L’apprentissage du Tai-Chi Chuan passe d’abord par la tête puis doit mûrir dans le corps.
On pourrait dire que le corps doit se reprogrammer pour exécuter des mouvements justes selon les règles du Tai-Chi Chuan. Il n’y a que la répétition inlassable qui peut imprimer la façon de bouger son corps.
Dans notre école nous n’imposons pas une pratique journalière mais recommandons un entraînement régulier à un rythme compatible avec l’agenda de chacun. En aucun cas nous ne voudrions ajouter un stress supplémentaire aux devoirs et aux obligations de la vie quotidienne que notre société nous impose. Il est toutefois bon d’établir un rythme et de s’y tenir afin de progresser.
Au fur et à mesure de son évolution, la demande de pratiquer davantage vient naturellement. Et déjà dès les premières leçons on peut constater un progrès car rien que de prendre du temps pour soi et de décider de jouer du Tai-Chi Chuan est en soi un plus dans une vie stressée.
Et rapidement le Tai-Chi Chuan s’intègre nécessairement dans le train-train quotidien. Ainsi le temps entre la “pratique” et la vie en dehors de la pratique deviendra inséparable.
A un niveau plus avancé, une envie de creuser de plus en plus loin afin d’intégrer les différentes couches du Tai-Chi Chuan se fera sentir et l’investissement en temps sera adapté à cette envie.
* N’entraîner que les formes est-ce suffisant pour acquérir le savoir “Tai-Chi Chuan” ou est-il nécessaire d’ajouter d’autres exercices?
Pour acquérir du Gong (Kung), soit la maîtrise, il est nécessaire de travailler le corps de plusieurs façons. Les enchaînements sont des groupements de différents mouvements individuels qui servent à imprimer, par leur répétition inlassable, les techniques dans la mémoire du corps.
Comme dans n’importe quel apprentissage, il y a également une progression logique dans l’apprentissage du Tai-Chi Chuan. Le corps doit d’abord être modelé par des exercices d’assouplissements, de renforcements musculaires des jambes, d’alignements structuraux et de concentration. Bien sûr, on pourrait dire que tous ces exercices sont également des bénéfices issus du Tai-Chi Chuan. Néanmoins, pour arriver à un niveau de maîtrise plus important et intéressant, il faut former le corps en parallèle avec l’entraînement des formes. Assurément, les débutants tirent profit d’une mise en route du corps et d’un temps pour entrer dans le mental. Dans cette phase d’apprentissage, le mental est tellement sollicité pour apprendre les mouvements par coeur qu’il est inconcevable d’intégrer encore d’autres objectifs en plus de cette mémorisation. Par contre, dans le Qigong et les postures d’étirement, le pratiquant peut se concentrer sur la démarche sans être troublé par l’enchaînement de mouvements compliqués. Dans notre société stressée, il est aussi important d’avoir un temps pour pouvoir changer de rythme avant de faire un enchaînement.
A un niveau très avancé, le pratiquant peut utiliser la forme pour entraîner tous les différents aspects, étirement, méditation et Neigong. Le Tai-Chi Chuan devient alors un outil à tout faire.
* Dans quel esprit le Tai-Chi Chuan a-t-il été créé et dans quel esprit pratiquons-nous de nos jours?
Le Tai-Chi Chuan, à l’origine, a été créé pour la défense des siens et de leurs biens. Evidemment, c’était dans un esprit guerrier.
A présent, il y a une longue liste de raisons pour lesquelles le Tai-Chi Chuan est pratiqué. Par exemple, détente, affirmation de soi, souplesse, adaptation, unification, harmonisation, renforcement de la santé physique, engendrer la joie de vivre, aspects interpersonnels, concentration, équilibre physique, équilibre mental, méditation.
* Pourquoi choisir un art martial ?
Bien sûr, il est rassurant d’avoir quelques techniques en réserve pour le cas où ………… mais surtout, c’est bénéfique de savoir quand on est à sa place et quand on a le droit d’y être.
Nous ne sommes pas automatiquement victimes des circonstances. Un art martial entraîne le discernement, la décision rapide, l’adaptation et la recherche de solution. Un art martial entraîne la discipline personnelle qui débouche sur la patience et la persévérance. Le Tai-Chi Chuan martial augmente la vigilance, la sensibilité vis-à-vis d’autrui et la communication non verbale.
* Comment se présente l’aspect méditatif du Tai-Chi Chuan ?
Le Tai-Chi Chuan est aussi souvent appelé “Méditation en Mouvement”. L’aspect méditatif peut être très important dans la pratique. Dès le début, le pratiquant peut faire l’expérience de la détente vis-à-vis de ses préoccupations journalières par le “lâcher prise” et par une concentration permanente sur le mouvement. Pour le débutant, la pratique est une préparation à la méditation qui ne pourra se révéler pleinement qu’une fois les mouvements imprimés dans la mémoire de son corps. La méditation va au delà de FAIRE – ainsi cet aspect du Tai-Chi Chuan continue à prendre de l’importance et de l’ampleur tout long de la progression.
* Pourquoi y a-t-il tant de façon d’écrire Tai-Chi Chuan et quelle est la bonne ?
Tai-Chi Chuan est une transcription phonétique du chinois. Il est bien évident que la transcription des idéogrammes chinois dans notre alphabète est délicate. Rien que la traduction est sujette à des interprétations variées étant donné que les idéogrammes chinois correspondent à des images et sont clarifiés par un texte complet. Pendant la révolution chinoise les maîtres de Tai-Chi Chuan et de Qigong ont fuit leur pays et ont émigrés à Taiwan, en Australie et aux USA, entre autres. Les populations anglophones ont entendu les chinois parler de Taichchuan (une transcription phonétique anglaise). C’est donc de ces premiers groupes de personnes qui ont pratiqué le Tai-Chi Chuan en dehors de la Chine que nous viennent les noms Tai Chi Chuan, Taichichuan, ou Tai-Chi Chuan. Mais cette transcription prête à confusion en raison du mot “CHI” signifiant “énergie vitale” et le mot “Chi” contenu dans le mot Tai-Chi Chuan. “Chi” – énergie vitale – et “Chi” de Tai Chi ne sont pas écrits de la même façon dans la langue chinoise et n’ont donc pas le même sens.
La Chine a finalement développé une langue phonétique standard, appelée Pinyin, pour transcrire les idéogrammes dans notre alphabet. Ainsi la traduction exacte en Pinyin serait Taijiquan – terme qui a été largement adopté dans les pays francophones. Dans notre école, nous avons gardé la transcription anglophone avec l’ajout d’un trait d’union entre Tai et Chi pour rappeler que le Chi ici est lié au Tai et correspond dans l’image de deux idéogrammes signifiant la poutre suprême.
* Quels sont les 4 qi ?
Le concept des “4 qi” n’est pas établi dans toutes les écoles. On pourrait imaginer cette division par quatre entre le qi prénatal, le qi postnatal, le qi externe et le qi interne. Cette réponse n’est qu’une réflexion et n’est pas une réponse clef. Les chinois divisent le qi en plusieurs catégories selon les différents enseignements.
* Que sont les trois trésors ?
Dans le taoïsme, il y a le concept des 3 trésors, Jing – Chi – Shen. Ce concept est aussi intégré dans la philosophie du Qigong et Tai-Chi Chuan. Jing correspond à l’essence, traduit parfois par les fluides sexuels, Chi par énergie vitale et Shen par esprit. Il est nécessaire de soigner ses trois trésors pour pouvoir développer son potentiel et rester en bonne santé. On pourrait dire de façon simple que le Jing correspond à l’énergie qui engendre la matière, le Chi à l’énergie qui anime la matière et le Shen à l’énergie qui survivra à la matière. Ici il faut tenir compte du fait que le Jing des trois trésors et le Jing (= le Chi appliqué, ou force) ne sont pas écrits de la même façon en chinois tout en ayant pour nous la même prononciation. Ils ont un sens très différent l’un de l’autre.*
Mise à jour avec deux vidéos, l’une de Maître Wang dont on a réellement l’impression qu’il évolue dans l’eau (ce qui est un des objectifs de la Forme, rendre l’air aussi lourd que l’eau…) ; et l’autre de Cheng Man Ching lui-même, encore plus impressionnant de douceur, on dirait qu’il ne bouge pas. Sur cette vidéo (Beginners class #2) il donne un cours sur la première partie, c’est donc normal que les gestes soient ralentis, un peu saccadés, puis repris. Ce devait être le bonheur d’apprendre avec lui ! Mais je ne me plains pas, je n’échangerais pas mon prof à moi que j’ai ^_^
Pour cette seconde année de pratique, je ne vais pas pouvoir suivre les cours toute l’année, pour des raisons privées que certain(e)s habituées connaissent déjà. Petite pointe de regret car on devrait, en plus de continuer l’apprentissage sans fin de la Forme, faire une initiation à l’épée !
L’épée, enfin plutôt le sabre pour l’occasion (la voie du sabre étant le iaïdo), ne m’avait pas du tout branchée lors de mon stage de découverte de l’aïkido, je dois même avouer que c’était la pire séance de tout ce que j’avais alors tenté d’approcher lors de ce stage, mais là, en connaissant déjà un tout petit peu les bases et les principes du Taiji – que je ferais mieux d’écrire ainsi désormais, cf l’interview précédente -, j’ai bien plus envie d’appliquer ces principes à la pratique de l’épée, et de sentir la circulation du chi dans le prolongement du bras, du mouvement.
Bref, si je peux en découvrir un petit morceau avant de m’exercer à d’autres mouvements au foyer ^_^, ce serait trop chouette ! :)
Dans les bonnes nouvelles la suite, également, nous faisons de plus en plus de Ki gong dans la première partie du cours, qui me plaît énormément et a des vertus de nettoyage énergétique assez dingues. Quand je sors de là, malgré la fatigue (un peu claquée en ce moment, même raison), je suis complètement planante et électrisée, c’est juste un feeling terrible :)
Et maintenant, l’épée :)
Je commence par une petite vidéo de maître Cheng Man Ching – qui me semble bien brève au vu de la durée supposée de la forme, mais bon, ne la connaissant pas, je ne sais pas si elle est entière ou non – en attendant de recevoir une vidéo plus récente, promise par un collègue, et histoire de poursuivre un peu le dossier ^_^
Voici :
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Vgwm4I63L1k&w=420&h=315%5D
Le taiji de l’épée, ou taiji jien, est rattaché à l’élément Eau (quand le taiji de base est plutôt rattaché à l’élément Terre), dixit mon cher prof. C’est joli comme tout, ce qui veut dire que, à l’instar de l’eau, le côté fluide et dansant cache bien la martialité dessous – et le potentiel de dégâts – déguisée mais pas du tout absente. Et c’est avec déjà des regrets que je dois envisager de reculer un peu cette initiation-là, commencée tout juste, mais qui va devoir attendre que je sois plus disponible, corporellement et psychiquement, qu’en ce moment, où un repos assez strict m’est prescrit.
Pour patienter un peu, ai tout de même trouvé une épée d’entraînement en bois, avantage : très légère par rapport à celles prêtées avant, inconvénient : pas de la super came, pas d’une droiture absolue… Mais bon, en voilà une qui va attendre son heure ^_^
La forme de l’épée, chez Cheng Man Ching, comprend 52 postures, aux noms toujours aussi poétiques, “trois bracelets embrassent la Lune”, “brosser l’herbe pour chercher le serpent”, “monter le rideau de bambou” ou “tenir les tablettes d’ivoire”… il y en a donc 52 comme ça, sans compter les postures de préparation et de clôture.
On retrouve peu ou prou les mêmes principes que dans le Taiji à mains nues, la verticalité, bouger avec le centre, faire le vide et le plein, etc. Par contre c’est vraiment déstabilisant de tenir une épée, surtout à droite quand on est gaucher (pas de forme spécifique pour les gauchers) !
C’est vraiment plaisant, ça pète les muscles au début, parce qu’on est trop raides, pas bien positionnés et peut-être pas musclés non plus… et les toutes petites bribes approchées lors de deux ou trois séances ne cessent de me faire songer à une scène de Nigredo, absolument pas asiatique (et pourtant, il y en aurait à dire sur les nombreux aspects orientaux infusés dans Dorcha), où dans un petit matin à As-Coron, Finstern s’entraîne devant le rivière à ses formes d’épée, suivi à la lettre par les Nishven un peu en retrait. La scène est calme et concentrée, paisible presque, et, bref, je pense bien plus à ce moment-là qu’à des scènes de combat sanglantes où ça taille à tout va. Voilà voilà :)
(Petit HS – Et un jour de listomanie aigue, je dresserai la liste du nombre de scènes / citations / situations dans les Silhol’s books qui me viennent à l’esprit dans les circonstances les plus diverses, un peu beaucoup passionnément… voire, pour certaines, qui me tiennent carrément lieu de référence philosophique, de petits piliers de pensée autour desquels gyrer… ou j’irai ;)
Sensation connue par plusieurs Vertigen-people, d’ailleurs, je me souviens ou me doute bien de ça ^_^)
… Ah justement, ai eu une pensée pour toi depuis mon coin de parc à l’heure de la pause-déj’ – pause-respi’, il y avait un vieil Asiatique qui pratiquait la Forme sur un carré de sable, ce qui m’a permis un bon aperçu, en essayant de me faire aussi peu intrusive que possible. C’était impressionnant, autant qu’impressionniste, comme il semblait évoluer dans ses courants élémentaux, créant un espace d’assurance tranquille et fluide sur cette petite bande pourtant cernée de deux grandes rues furieuses…
… Et puis question fluidité, wow pour ce taiji juen à travers l’aperçu que tu nous offres là ! C’est vrai qu’à regarder, on a l’impression d’une grâce aquatique, dans la fluidité, justement, des mouvements de lame. En suivant l’épée (et google à la recherche de plus de visions), je ne peux m’empêcher de penser à l’éclair argenté des écailles d’un poisson vif et mouvant…
(Ah, les Nishven, oui. Marquée aussi par cette scène, moment de vie à As-Coron…)
(quant à la liste… longue comme la vie, celle-là, ou l’horizon :))
:)))
Oui ça m’impressionne tout autant, de voir des grands habitués pratiquer avec une souplesse et une fluidité qui semblent toutes simples, sans compter qu’à les voir je mesure le gouffre qui sépare leur Forme de nos gestes maladroits et un peu robotiques ^_^
Bon et puis, dans un parc, parmi les arbres, ça prend une force tellement différente des fois où on pratique à l’intérieur… c’est vraiment chouette, quoi. Quand je serai un peu moins ramollo (et moins enrhumée, sciatisée, contracturée et portant un double Vif, aussi ^_^), je nourris les grands espoirs d’arriver à m’entraîner dehors même par temps froid !
En fait, ça ne laisse pas, depuis le début, de me faire penser au piano. Sur la façon de s’entraîner, un peu sur l’état d’esprit peut-être, et surtout sur le fait que – comme dans beaucoup d’arts me diras-tu – la technique la plus aboutie est celle qui ne se voit plus, là où on ne sent plus le travail, où il devient invisible et que tout cela ressort à la fois de l’évidence et de la magie… alors qu’on sait bien que derrière il y a un sacré paquet de travail, d’années d’exercice…
Belle image des écailles du poisson :)))
(et je poursuis mes sauts de carpe d’un billet à l’autre ;) )
Pour mémoire, une jolie vidéo de Qi Gong des reins, sur fond de musique classique d’auteur à découvrir (une épée en bois à celle ou celui qui nous dit si c’est Debussy ou autre ^_^). Mélange inhabituel et sympathique :
Et une autre mise à jour (merci mon papa décidément :) ), c’est une interview assez creusée autour de la ‘compréhension et du rôle des kua’ (= les têtes fémorales, l’articulation de la hanche si vous préférez), ici :
http://haze.over-blog.com/article-comprehension-et-role-des-kua-53753662.html