Reportage photo qui me lance un flash-souvenir.
Garonnette, parking. Les toulousains connaissent cet endroit plein de bagnoles garées en vrac, derrière les quais, devant les immeubles de-chez-ma-cousine. Il y a là un banc qui m’a toujours choquée, simple, « design » et bien immonde, fait de barres de métal dont une est tordue au milieu en forme d’accoudoir, ce qui étrangement empêche complètement de s’y coucher. Le banc anti-pauvres, je l’avais appelé. Beurkitude urbaine, exclusion métallisée…
Un peu le principe des « bancs » de métro inclinés, les salauds, où l’on peut poireauter deux minutes mais pas dormir.

Et ceci rejoint cela. Vue sur Rue89, l’exposition d’Arnaud Elfort et Guillaume Schaller, flashant ces dispositifs anti-squattage d’humains dans les coins de Paris, pointe ainsi une inhumanité architecturale tristement inventive.

Présentation de la galerie Flickr, à voir ici :

Les Anti-sites : archivages d’excroissances urbaines anti-SDF

Assorti d’un article sur Rue89 :

Empêcher les SDF de s’asseoir : la ville ne manque pas d’idées

Et pour tout dire… texte d’intro de la galerie Flickr :

Les anti-sites : excroissances urbaines anti-SDF se multiplient à Paris (ou ailleurs), et repoussent les démunis vers des zones encore plus inhospitalières.
Cette violence ordonnée, indifférente aux souffrances d’autrui est une réponse silencieuse et paradoxale à l’ultime précarité, en n’améliorant que la qualité de vie des parisiens dérangés par la misère de france.
En réalité, ces initiatives (collectives, privées, publiques), ne participent qu’à la dégradation des relations humaines, et au triomphe égoïste de l’individualisme.

Il faudrait que je shoote ce banc, tiens. Si vous connaissez des coins ou objets de la même veine, n’hésitez pas, postez-les…

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EDIT : voici donc le banc anti-pauvres, aussi simple, élégant et abominable que dans mon souvenir, quartier Garonnette à Toulouse :


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