Archive for février, 2010


En pleine rechute silholienne, je googlise au hasard et tombe sur cet extrait about Frontier, tiré d’un essai sur le conte (pas lu), qui je pense contient une belle erreur, et un superbe contresens. Que je soumets à la lampe des avis Vertigineux :

« Enfin, la fratrie touche également les sexes opposés. Dans « Runaway Train », deux descendants de parents différents soudent leur effort pour rester unis. Gift et Need, un changeling et sa soeur adoptive, se dirigent contre vents et marées vers l’ouest, vers Frontier. Lire la suite

Amers Indiens

Cette petite pétition promise à grandir (I hope) est destinée à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et concerne, on l’aura saisi, la reconnaissance du génocide Amérindien comme crime contre l’humanité.

PETITION – GENOCIDE AMERINDIEN

Quoi de neuf dans tout cela, me direz-vous.
Rien, si ce n’est -nuance de taille- qu’il ne peut y avoir de prescription pour de tels actes.
Que quoi qu’ait dit exactement Chef Seattle, puisque tournent diverses versions plus ou moins folkloriques de ce fameux discours évoqué ci-avant, il y avait quelque chose d’imprescriptible justement dans ses mots, et une prophétie à entendre.
Et qu’en y réfléchissant une demi-seconde, il paraît de toute manière inconcevable de s’outrager de la destruction d’un peuple sans être autant choquée par la destruction d’un autre.

Je n’ai, d’évidence, ni la case espace-temps, ni l’exhaustivité, ni quoi que ce soit d’objectif pour justifier les choix impossibles de certains combats et pas d’autres, mais n’empêche. Si un peu, un peu, d’universalité pouvait faire basculer les regards, forcer les paupières, si seulement on pouvait éduquer les cœurs, et si l’on travaillait à les agrandir.

De fait, un de mes prochains craquages livresques ira probablement du côté de cette histoire-là, j’ai bien envie de trouver Pieds nus sur la terre sacrée (ainsi que le temps de le lire, comme toujours), et quelques autres…

NB. Décidément aujourd’hui, les caprices de WP sont aussi surprenants que les générations spontanées de pétitions de l’autre-bout-du-monde !

Titre piqué à l’un des trois entretiens donnés dans Article XI, un endroit décidément bien.
Gidéon Levy et Michel Warschawski, l’un journaliste et l’autre militant, tous deux israéliens, ont le regard critique, apportent une bonne remise en place, et disent l’histoire qu’on ne veut pas entendre. Celle de l’occupation.

Trois interviews passionnantes, non exemptes de biographie ni de dézoom -de Gaza à la Naqbah, en passant par la question des réfugiés- pour mieux saisir la vue d’ensemble.
Eclairant, et indispensable dans cet autre pays empoisonné par l’extrême-droite…

ISRAËL EST DESORMAIS UNE SOCIETE NEOCONSERVATRICE
– Michel Warschawski – 10-02-2010

J’ESSAIE DE RACONTER AU PEUPLE ISRAËLIEN UNE HISTOIRE
QU’IL NE VEUT PAS ENTENDRE – Gidéon Levy – 18-01-2010

IL S’AGIT DE « PUNIR LES PALESTINIENS DU SEUL FAIT QU’ILS CONTINUENT A EXISTER »
– Michel Warschawski – 12-01-2009

Et pour entendre ladite histoire sous un autre registre, je viens de recevoir via le Monde Diplo un gros roman prometteur, La porte du soleil, d’Elias Khoury, primé et célébré comme « le roman de l’exode palestinien ». En attendant un prochain billet consacré aux quelques livres sur le sujet ayant atterri ici…

« Samih parlait sans arrêt de son rêve d’écrire un livre qui n’aurait ni début ni fin. Une épopée, disait-il. L’épopée du peuple palestinien. Il commencerait par raconter les détails de la grande expulsion de 1948. Il disait toujours que nous ne connaissions pas notre Histoire, qu’il fallait réunir les histoires de chaque village afin que ce village demeure vivant dans notre mémoire. »

En marge, le pourquoi dans la question « mais pourquoi ne veut-on pas entendre cette histoire ? » voire, de l’angle des médias, « pourquoi ne veut-on pas la raconter ? » reste entier. Face à ce mystère qui me laisse tristement perplexe, ces entretiens arrivent un peu comme des formes de réponse, des résistances au discours occupant, des antidotes au fatalisme.

 

Avatars d’ « Avatar » à Bil’in, Territoires Occupés. Je ne sais pas l’original du discours de Chef Seattle au gouverneur, en 1854, et je n’ai point encore lu Le discours de l’Indien rouge, qui en est issu, du grand poète palestinien Mahmoud Darwich. Mais…

Mais je me dois de linker cet article plein de pistes :

AVATARS PALESTINIENS : LE DISCOURS DE L’INDIEN ROUGE

(Ainsi que, pour faire bonne mesure, celui du commentateur s’étant senti légèrement copié : De quoi les Palestiniens sont-ils l’avatar ?)

Car, pendant que parmi les actions non-violentes et militantes, des assos de soutien à la Palestine se font embarquer au poste pour avoir parlé de boycott des produits -illégaux- israëliens (voir sur Rue89 : Est-ce illégal d’appeler au boycott des produits israëliens ? …A mon sens, clairement, non, mais le procès n’est pas clos, d’après ce que j’en ai saisi), et pendant que le film Avatar éclate le box-office, pendant ce temps-là, donc, il est des opprimés en chair, en os et en 3D, qui se peignent en bleu pour qu’on fasse un peu le lien.

Lien entre révoltes de fiction et réelles résistances, d’une part, et d’autre part lien que Darwich fit entre les souffrances de ces deux peuples à deux bouts de la sphère, amérindiens et palestiniens.

N’ayant pas vu Avatar, je ne peux disserter beaucoup plus sur le sujet…
Mais pour avoir manifesté à Bil’in (si peu hélas), je ne peux que partager tout ceci.

J’ai du mal à trouver la version intégrale de Darwich (en bouquin), qui a été adapté plusieurs fois au théâtre. Encore une piste à suivre…

Enfin, j’ai du mal à ne pas citer cet extrait dessillant…

Il vous manquera, ô Blancs, le souvenir de l’adieu à la Méditerranée et vous manquera la solitude de l’éternité dans une forêt qui ne débouche point sur un abîme, et la sagesse des brisures. Et il vous manque une défaite dans les guerres. Et un rocher récalcitrant au déferlement du fleuve du temps véloce.
Et il vous manquera une heure pour une quelconque contemplation, pour que grandisse en vous un ciel nécessaire à la tourbe, une heure pour hésiter devant deux chemins.
(…)

Mahmoud Darwich
Discours de l’Indien rouge

EDIT : et les fils se nouent encore avec ceci reçu à l’instant : Des Juifs américains renoncent à toute citoyenneté israëlienne et appellent au boycott d’Israël, prenant le pas sur la même démarche, version anglaise.
Je ne soutiendrai jamais une action violente. Ici, le légalisme (la légalité… je ne sais pas trop comment dire) semble tout de même une voie tout à fait intéressante et … légitime, de fait, pour défendre et soutenir les peuples.

Amatsubu

Gouttes de pluie, pour soif de Levant… Perlant sur les bambous, des ouvrages techniques, littéraires, et un peu les deux. EN ou FR c’est selon :

The Japanese Bath – Bruce Smith & Yoshiko Yamamoto
Plus rêveur que technique, pour le coup, celui-ci fait le pont entre Est et Ouest (californien) et offre une philosophie du bain, de superbes photos de réalisations et une envie qui démange d’aller se plonger dans ces eaux brûlantes… Lire la suite