Titre piqué à l’un des trois entretiens donnés dans Article XI, un endroit décidément bien.
Gidéon Levy et Michel Warschawski, l’un journaliste et l’autre militant, tous deux israéliens, ont le regard critique, apportent une bonne remise en place, et disent l’histoire qu’on ne veut pas entendre. Celle de l’occupation.

Trois interviews passionnantes, non exemptes de biographie ni de dézoom -de Gaza à la Naqbah, en passant par la question des réfugiés- pour mieux saisir la vue d’ensemble.
Eclairant, et indispensable dans cet autre pays empoisonné par l’extrême-droite…

ISRAËL EST DESORMAIS UNE SOCIETE NEOCONSERVATRICE
– Michel Warschawski – 10-02-2010

J’ESSAIE DE RACONTER AU PEUPLE ISRAËLIEN UNE HISTOIRE
QU’IL NE VEUT PAS ENTENDRE – Gidéon Levy – 18-01-2010

IL S’AGIT DE « PUNIR LES PALESTINIENS DU SEUL FAIT QU’ILS CONTINUENT A EXISTER »
– Michel Warschawski – 12-01-2009

Et pour entendre ladite histoire sous un autre registre, je viens de recevoir via le Monde Diplo un gros roman prometteur, La porte du soleil, d’Elias Khoury, primé et célébré comme « le roman de l’exode palestinien ». En attendant un prochain billet consacré aux quelques livres sur le sujet ayant atterri ici…

« Samih parlait sans arrêt de son rêve d’écrire un livre qui n’aurait ni début ni fin. Une épopée, disait-il. L’épopée du peuple palestinien. Il commencerait par raconter les détails de la grande expulsion de 1948. Il disait toujours que nous ne connaissions pas notre Histoire, qu’il fallait réunir les histoires de chaque village afin que ce village demeure vivant dans notre mémoire. »

En marge, le pourquoi dans la question « mais pourquoi ne veut-on pas entendre cette histoire ? » voire, de l’angle des médias, « pourquoi ne veut-on pas la raconter ? » reste entier. Face à ce mystère qui me laisse tristement perplexe, ces entretiens arrivent un peu comme des formes de réponse, des résistances au discours occupant, des antidotes au fatalisme.

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