Mal aux yeux… A force d’avoir trié et entré des centaines de photos palestiniennes –il finira bien par voir le jour, ce carnet de voyage. Et ces satanés panneaux d’expo bricolés à la hâte. Pas comme si je n’avais pas eu plus d’un an pour les faire.

Mal au ventre… Du larsen mondial, des jeunes Afghans qui traversent deux continents, ont l’âge de mes patients, et qui finissent sous un camion du Nord. (Yep, amie, j’entends les noms que tu récites. Pas pour rien, jamais). Des échos perpétuels de ce livre que je n’ai jamais pu terminer, Bilal sur la route des clandestins, tant il était … hallucinant. Incroyable. Irreprésentable. Et pourtant là. Partout.

Mal à la tête… Du vertige de tous ces cris à pousser, ces appels si nombreux qu’il devient ardu de tout relayer, pour les peuples, les bêtes, les forêts, les mers, pour TOUT bon sang, tout ce qui a le mauvais goût d’être vivant mais ni-blanc-ni-riche-ni-fricophone, tous ces -milliards de- gens qui se font emmerder tout le temps, aux quatre coins du globe.

Impression de manger de la souffrance — comme quand on mangeait de la viande. Du trauma.

Mal aux mains… Parce que même au milieu de nos beaux pays bien cossus, les poisons comportementalistes infiltrent les mentalités, et nous convoquent non plus à soigner mais à dresser les gosses, parce qu’il y a du monde à baver sur le filon juteux de l’autisme (on aura bien lu), et que c’est en train de tuer le soin. Et d’en énerver plus d’un (ouf), comme en témoigne la saine et impressionnante gueulante de ce père dans Le bloc notes du désordre.

Mal au cœur… Pour la Palestine, encore, toujours, pardon mais je ne peux pas ne pas y revenir sans cesse, car cela me hante. Pour les vis serrées, boulonnées, les menaces d’expulsions de masse, et la botte de l’occupation toujours plus écrasante sur les mouvements des gens, et juste le droit à vivre sans finir en cabane (Cisjordanie, territoire filtré, la réaction de l’ONU ainsi que la déclaration du MRAP).
–Faible consolation, sous le souffle éphémère du drapeau palestinien sur l’Arc de Triomphe, en protestation de l’appellation de l’esplanade « Ben Gourion ». —
…Ce voyage, ce pays, ne me quittent jamais. J’ai quand même bon espoir d’enfin concrétiser un peu le retour bloguesque sur ça, malgré les vrilles que cela actionne au dedans.

Bon. Mal partout. Ce billet est tout mélangé, je sais, mais moi aussi.

Sounds : du vieux NTM, le plus accordé aux torsions émotionnelles sans filtre.

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