… Nom des neiges de mai.
Et baptême païen, en six branches, des derniers atterrissages livresques, entre trois ruminations sur le monde tel qu’il ne va pas, deux macérations -vin d’oranges et hypocras- et un abonnement aigre-doux à XXI, tardif comme les flocons…
Avec quelques 4èmes de couverture pour se réchauffer les pieds.^_^

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Bâton de parole…

PIEDS NUS SUR LA TERRE SACREE
TC McLuhan et ES Curtis
Denoël

Un moment que je le guettais. Belle facture, sobre et sépia, photos et anthologie de textes oraux ou écrits des Indiens d’Amérique du Nord. Voilà pour combler un peu mon ignorance très vaste en ce domaine, et pour confirmer, si besoin était, que décidément, non, nous ne nous rendons pas aux fêtes costumées à thème « cowboys et indiens », même-si et justement-parce-que l’ignorance sur le destin de ces peuples, donc, est générale.

(Ceci est possiblement un nouvel effet secondaire ‘palestinien’ : le fait de m’être intéressée au peuple palestinien fait, à force, automatiquement vibrer une espèce de fibre universelle, et cogiter sur la, les, colonisations, sous toutes leurs formes et par tous les pays – à commencer par l’Algérie, dont le fantôme ne finit pas de hanter notre France qui n’assume rien, et surtout pas cela. Bref ! Revenons à nos pages)

(…) Cette sélection se propose d’apporter des éclaircissements sur l’histoire des Indiens et de montrer la pérennité de leur civilisation? Le ton de ces écrits, classés par ordre chronologique, est tour à tour celui de la sagesse, du lyrisme, de l’éloquence ou de l’émotion profonde. (…)
Cette anthologie tend à mettre en relief des traits caractéristiques de cette civilisation où les considérations politiques et historiques s’estompent au profit d’une harmonie de l’homme et de la nature, dans laquelle la terre devient une création sacrée. (…)

LES RITES SECRETS DES INDIENS SIOUX
Héhaka Sapa
Petite Bibliothèque Payot

Hum, bien sûr à chaque averse de papier s’invitent des inconnus, des surprises, des qui rentrent avec les baskets. Ce bouquin en fait partie, et d’après ce que j’en saisis contient, dans la transmission orale du dernier « gardien du Calumet », ce qui n’était pas censé être dévoilé, et qui peut l’être, désormais, pour la raison suivante :

« (…) Ce livre contient de multiples données que les Indiens s’étaient gardés de divulguer parce qu’ils les estimaient trop sacrées pour être communiquées à n’importe qui. Les vieux sages qui vivent encore disent cependant qu’à l’approche de la fin d’un cycle, quand les hommes sont partout devenus inaptes à comprendre les vérités qui leur ont été révélées à l’origine, il est alors permis, et même souhaitable, de les révéler au grand jour…(…) »

Si je me réjouis à l’avance de le lire, je ne peux pas me réjouir en repensant au sort des Amérindiens, hier et aujourd’hui -le dernier article dans Courrier International était furieusement triste-, et au pourquoi, encore, de ce désastre.

(Ce qui me fait penser que j’ai un bouquin sur les Aborigènes depuis *des années*, intitulé « Rêves en colère » que je n’ai toujours pas pris le temps d’ouvrir, shame on me !!)

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Bâton de druide…

LES FETES CELTIQUES
Françoise Leroux et Christian Guyonvarc’h
Ouest France
Il paraît que ce nom bicéphale, Leroux/Guyonvarc’h, est gage de sérieux en matière celtique. Pour compléter ‘La civilisation celtique » que j’avais, celui-ci se penche plus spécifiquement sur les points phares de l’année, solstices et équinoxes -avec un décalage de 45 jours.

« Les quatre fêtes celtiques qui sont étudiées ici à partir de la base irlandaise médiévale qui est, du Moyen Age jusqu’à l’époque contemporaine, la seule source valable de documentation et d’interprétation. (…)
Cette étude est aussi l’occasion de souligner l’origine polaire de la tradition celtique et d’éclaircir les rapports du temps et de l’éternité dans les conceptions celtiques de l’Autre Monde. »

(Pourquoi recopier tous ces extraits me donne-t-il tant l’impression de humer des boîtes de friandises ? ^_^)

ASPECTS DU MYTHE
Mircea Eliade
Folio Essais

Parce qu’il faut bien revenir aux sources, et pas n’importe lesquelles, de temps en temps, et que parmi la grande oeuvre, sans mauvais calembour, de Mircea Eliade, « Aspects du mythe » se veut historique et synthétique.
(Et parce qu’en outre il est hors de question de fermer ce chemin-là, celui du mythe -et celui d’ailleurs de l’approche littéraire et fictionnelle-, pour tenter d’étudier un peu, un tout petit peu, la nature humaine, hors des sentiers usuels de l’approche psy…)

LES DRUIDES, DES PHILOSOPHES CHEZ LES BARBARES
Jean-Louis Brunaux
Points Histoire

Acquisition un peu plus ancienne mais toujours pas avalé, ce touffu petit bouquin se veut donner un éclairage différent, sous forme d’enquête historique menée par un archéologue chercheur au CNRS, sur ces personnages méconnus de la civilisation gauloise. Ai entendu bien du bien de ce livre, ne me manque plus qu’à m’en faire ma propre idée !

(…) Et pourtant, les plus récentes avancées de la biologie végétale le confirment : les plantes ont bel et bien une sensibilité, un langage, une mémoire. Jean-Marie Pelt expose ici des faits prouvés, démontrant, par exemple, comment des arbres communiquent à distance, comment des fleurs réagissent à l’agression, mémorisent une expérience, connaissent la souffrance ou la sérénité. Et d’étonnantes analogies apparaissent entre le règne végétal et le règne animal ou humain (…)

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Bâton pour se faire battre…

LE PIRE DES MONDES POSSIBLES – De l’explosion urbaine au bidonville global
Mike Davis
La Découverte
Suite de la plongée en eaux troubles et polluées, après la découverte de « Dead Cities » dont je parlais cet hiver, voilà un nouveau book transgenre, transdisciplines et pan dans les dents. Là il ne reste qu’une chose à faire, livrer l’intégralité de la couverture, parce qu’il va en falloir pour supporter la glaciation du constat bidonvillesque.

 » « Pour mortels et dangereux qu’ils soient, les bidonvilles ont devant eux un avenir resplendissant. » Des taudis de Lima aux collines d’ordures de Manille, des bidonvilles marécageux de Lagos à la Vieille Ville de Pékin, on assiste à l’extension exponentielle des mégalopoles du tiers monde, produits d’un exode rural mal maîtrisé. Le big bang de la pauvreté des années 1970 et 1980 – dopé par les thérapies de choc imposées par le FMI et la Banque mondiale – a ainsi transformé les bidonvilles traditionnels en « mégabidonvilles » tentaculaires, où domine le travail informel, « musée vivant de l’exploitation humaine. »
Un milliard de personnes survivent dans les bidonvilles du monde, lieux de reproduction de la misère, à laquel les gouvernements n’apportent aucune réponse adaptée. Désormais, les habitants mettent en péril leur vie dans des zones dangereuses, instables ou polluées. Bien loin des villes de lumière imaginées par les urbanistes, le monde urbain du XXIe siècle ressemblera de plus en plus à celui du XIXe, avec ses quartiers sordides dépeints par Dickens, Zola ou Gorki. Le Pire des mondes possibles explore cette réalité urbaine méconnue et explosive, laissant entrevoir, à l’échelle planétaire, un avenir cauchemardesque. »
==> »M. Davis propose de voir dans la pauvreté urbaine (…) l’émergence d’un sous-prolétariat mondial créé par la richesse des centres urbains et par les politiques d’ajustement structurel des organisations internationales des pays du Nord (…) Comme toujours chez M. Davis, la réflexion est radicale, contestable, édifiante et stimulante. » Sciences Humaines

…Vlan. Rien à rajouter ! J’attends pour le lire un moment où je serai assez… solide.

VERS L’ECOLOGIE PROFONDE
Arne Naess
Wildproject

On se pose un peu. Entretien au fil des pierres et d’une très longue vie, dans son chalet norvégien à 2000m d’altitude, avec Arne Naess, philosophe, résistant, alpiniste, adepte de la simplicité volontaire (version ultimate) et fondateur/penseur du mouvement deep ecology, ou écologie profonde, concept à la profondeur et à la cohérence inversement proportionnelles à la présente vague green marketing consommatrice et superficielle… Pfiou, rien que ça. Personnage fascinant ; il y a un peu de Thoreau en lui, de Gandhi aussi, de temps gagné à le perdre, de curiosité de vieil enfant (Lao Tzeu syndrome) et une réflexion philosophique assez pointue.
Et puis surtout, un gars qui fait son thé sur sa lampe à pétrole au milieu de nulle part et au pied de sa montagne chérie, respect ! ^_^

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Bâton de silence…

PRINTEMPS SILENCIEUX
Rachel Carson
Wildproject

…Alors voilà, cette découverte des éditions Wildproject tournées vers « l’écologie culturelle » est donc une belle et bonne surprise :)))… Je laisse découvrir, ils se présentent fort bien eux-mêmes, quelques livres et une revue en ligne, et franchement, forme/fond/concept/et tout, c’est à tomber. -Et comme j’aimerais aller marcher…
Alors, Printemps Silencieux. Cet ouvrage se trouve être un best-seller, ce que j’apprends en ayant regardé la trilogie « Le titanic apicole » de Dominique Guillet (from Kokopelli), un pilier de la pensée écologique. Prophétique semble-t-il, puisqu’il date du début des années 60, et annonce tout le merdinium agro-alimentaire pesticide dont nous bouffons actuellement les fruits empoisonnés. Je viens de le commencer, j’en dis plus dès que :)

LES LANGAGES SECRETS DE LA NATURE
Jean-Marie Pelt
Le Livre de Poche

Bon, avec un titre pareil et du Jérôme Bosch en couverture, ce n’est pas fastoche-fastoche de résister, hein. Sous-titré « L communication chez les animaux et les plantes« , rédigé par un biologiste pharmacologue, l’indexomètre pointant tout droit vers une conversation entre une femme et des arbres d’Afrique, j’escompte que celui-là fasse autant de bien que d’autres font mal.

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Bâton témoin -dans la besace d’Hélène ^^…

LA BOUQUINEUSE
Zoran Zivkovic
Editions Xenia

Original et dépotant, rigolo mais aussi tragique entre les lignes, impression avec ce petit roman de lire un grand classique ! Il y a un peu de surnaturel, pas mal de folie douce et beaucoup de combats fruitiers contre la solitude chez l’héroïne lectrice, dans cette histoire qui fait penser à une psychose qui se passerait plutôt bien :). D’ailleurs, les livres ne sont pas ici intéressants pour leur contenu ou leur message, mais pour leur réel, fétichisés, magiques, faisant l’objet de rituels obsessionnels et de rencontres improbables. Vraiment chouette.

LE MONDE, TOUS DROITS RESERVES
Claude Ecken
Pocket
Besace aussi, pas encore fait germer cette graine littéraire, pourtant en bonne place sur la pile à lire. Une bonne grosse envie de replonger dans la SF la plus politisée, mmmh. Voilà donc le 4e, sacrément allécheant il faut avouer :

« Imaginez un monde où les organes de presse auraient le pouvoir de copyrighter l’information…
Un monde où il serait possible de déléguer les tâches subaleternes auprès de clones et mener ainsi plusieurs vies de front…
Un monde où l’avenir serait prédéterminé en fonction d’un ADN attribué…
Un monde dans lequel il serait concevable de parcourir l’univers en s’incarnant dans des entités extraterrestres…
Un monde qui, ayant banni la mort, punirait le suicide par une peine de vie à perpétuité…
Imaginez… demain. »

Toute ressemblance avec la vraie vie du monde réel ne peut que sauter en pleine figure…

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Bâton d’encens…

LES TREIZE TRAITES DE MAÎTRE CHENG SUR LE T’AI CHI CH’UAN
Professeur Cheng Man Ch’ing
Le Courrier du Livre

Approche théorique -mais au verbe tout personnel- et pratique du Tai Chi Chuan, plus dense que volumineux, anatomique, et tout, c’est marrant parce que les aspects de souplesse, d’équilibre, d’apaisement, travaillés dans la pratique du Tai Chi, se retrouvent complètement dans l’ouvrage lui-même, son rythme, sa légèreté. Très agréable, précis, et encore plus frustrant de ne pouvoir découvrir la pratique ‘en vrai’ ici, où on ne trouve ‘que’ chi qong, aïkido, et autres voies , plein sauf celle (évidemment, en bonne névrosée) que j’ai envie d’emprunter ! ;)

(…) Les arts martiaux ne sont pas porteurs d’un pouvoir surhumain ; ils représentent simplement un aspect de l’adaptation aux lois de la nature et du cosmos. A ce niveau, la philosophie elle-même rejoint la matière, la physique devient méditation, et la force de gravitation universelle, notre chemin. »

Enfin, je voudrais développer sur les derniers arrivés, mais figurez-vous que ce billet patiente depuis deux semaines,  on est passés de la neige au plein soleil, et que je ne parviens toujours pas à le boucler ! En dépit de tout, je les liste quand même, mon obsession à moi, avec l’espoir déraisonnable de compléter plus tard…
– Je crois en fait que je suis une incomplétiste. ;)

YI KING – PRINCIPES, PRATIQUE ET INTERPRETATION
J.P. Schlumberger
Dangles

ART BRUT JAPONAIS – Halle Saint Pierre
Martine Luzardy (commissaire d’exposition)

ARTS DE L’ASIE AU MUSEE CERNUSCHI
Gilles Béguin dir.
Paris Musées – Editions Findacly

MONTAGNES CELESTES, TRESORS DES MUSEES DE CHINE
Réunion des musées nationaux

MER D’ENCRE
Richard Weihe
Picquier Poche

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