Juste un mot : ces personnes qui dénoncent l’occupation et la ségrégation en Palestine, ça pourrait être moi, nous, c’est moi, c’est nous. Et puis quand même : Stéphane Hessel est une figure de la résistance, un « homme debout » et toujours vivant, plus que nombre d’entre nous, « capable d’encore s’indigner » comme le décrit bellement Jean-Luc Porquet. Voici le texte de l’appel et le lien pour la signature. Il s’agit de soutenir les militants au niveau national, et plus seulement à Perpignan ou Strasbourg comme pour les pétitions précédentes.
Je ne commente pas davantage, l’argumentaire est suffisamment clair.

Merci à tous les signataires, et merci de faire passer pour le plus grand nombre :

(C’est moi qui souligne)

Solidarité avec Stéphane Hessel, Alima Boumediene-Thiery et toutes les victimes de la répression

Votre signature peut contribuer à sauver un innocent (ici)

J’insiste en mon nom personnel pour que le plus grand nombre de signataires de notre appel serve de garant aux personnes mises injustement en accusation. Il serait grave que certains subissent dans leur vie ou leur carrière des préjudices que rien, dans les lois françaises, ne justifie. Nous devons obtenir un non-lieu pour tous. Stéphane Hessel

Bordeaux, Mulhouse, Perpignan, Pontoise… : en ce mois d’octobre, des hommes et des femmes sont poursuivis pour « provocation publique à la discrimination » – y compris une sénatrice de la République, Alima Boumediene-Thiery. Ailleurs, d’autres sont convoqués par les préfectures et menacés de procès du même type. Un ancien commissaire de police prétend même poursuivre… Stéphane Hessel, grand résistant, co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et ambassadeur de France !Tous risqueraient jusqu’à 45 000 euros d’amende et trois ans de prison suivant la qualification des poursuites … Quel crime ont donc commis ces citoyens, connus et inconnus, pour mériter une accusation aussi infamante et encourir des peines aussi lourdes ? S’être dressés contre l’occupation et la colonisation de la Palestine par Israël, et notamment contre les « crimes de guerre » voire « contre l’Humanité » que le rapport Goldstone accuse son armée – et, dans une proportion nettement moindre, des groupes armés palestiniens – d’avoir perpétrés pendant la guerre de 2008-2009 contre la bande de Gaza. S’être révoltés contre l’impunité dont jouit un État qui viole pourtant ouvertement le droit international et les résolutions des Nations unies. Et avoir décidé de prendre leurs responsabilités en appelant eux-mêmes au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre cette politique condamnée par la grande majorité des opinions française, européenne et mondiale.

Pour présenter, contre toute évidence, cette action citoyenne comme raciste, il aura fallu que la ministre de la Justice s’abaisse à inventer, en février 2010, un « boycott des produits casher » qu’aucun dirigeant, aucun groupe, aucun militant du mouvement de solidarité pour une paix juste et durable au Proche-Orient n’a jamais prôné. Puis qu’elle exige des Parquets qu’ils poursuivent les militant-e-s pour « provocation publique à la discrimination ». Et celle qui diffame et menace ainsi des innocents appartient à un gouvernement qui, toute honte bue, non seulement stigmatise une communauté entière en raison de son origine ethnique, mais expulse illégalement de la « patrie des Droits de l’homme », sur cette base, des milliers de ressortissants d’Etats membres de l’Union européenne.

C’est pourquoi nous disons à Michèle Alliot-Marie : « Pas ça et pas vous ! ». Certains d’entre nous appellent au boycott de tous les produits israéliens ; d’autres « ciblent » les seuls produits des colonies israéliennes ; d’autres encore choisissent des formes d’action différentes. Mais nous sommes tous unis pour refuser catégoriquement que les militant-e-s de la campagne internationale Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) soient accusés et jugés pour « provocation publique à la discrimination » alors qu’au contraire ils combattent contre toute forme de discrimination, pour le droit de tous les peuples à l’autodétermination, pour l’application à tous les États du droit international et des sanctions prévues lorsqu’ils le bafouent. Tous ensemble, nous exigeons, à la fois au nom du droit international et des libertés : le retrait immédiat des directives envoyées par la ministre de la Justice et son administration aux Parquets et la relaxe immédiate de ces innocents. Honneur à celles et ceux qui font leur le combat pour la justice et la paix que les autorités françaises ont trahi.

Pétition à signer ici :

APPEL A SOUTIEN BDS – Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens

Pour finir, je manque un peu de temps pour signifier combien cela me désole et m’écœure qu’un gouvernement (même remanié, même celui-là) bataille contre la justice et la liberté au point de criminaliser les militants BDS, dont je suis – et même si je n’y étais pas, d’ailleurs, là n’est pas la question.  Ainsi que la triste habitude, bien connue mais toujours nocive, de chercher à *tout* ramener à des questions d’origine et de discrimination, alors que justement c’est l’inverse – l’appel le dit fort bien -, et que ce que l’on condamne, c’est une politique injuste et illégale, pas des gens.

On en a déjà parlé mais je renouvelle la référence, abordable, éclairante et cohérente : « Boycott, Désinvestissement, Sanctions – BDS contre l’apartheid et l’occupation de la Palestine » par Omar Barghouti, éditions la Fabrique, à voir par là, et dont voici le 4ème de couverture :

Contre Charles Boycott, propriétaire terrien irlandais, ses fermiers organisèrent en 1879 un blocus qui l’obligea à capituler sur les loyers et les conditions de travail. Le boycott est l’arme des pauvres contre les puissants, des opprimés contre la domination. Le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) est issu d’organisations populaires palestiniennes en lutte contre l’occupation militaire de la Palestine et l’apartheid en Israël. Comme l’explique Barghouti, c’est un mouvement non violent, moral et antiraciste. Il vise tous les produits en provenance d’Israël : le limiter aux produits des colonies serait le rendre inefficace, tant cette origine est facile à masquer. Il vise entre autres le domaine académique, car à de très rares exceptions près l’université israélienne est complice de l’occupation et de l’apartheid.
Le débat sur le boycott atteint désormais des pays aussi divers que la Norvège, l’Australie, les États-Unis ou l’Afrique du Sud. Sur ce débat, le public français est mal informé. La publication de ce livre, qui comble une lacune, est menée au nom de la liberté d’expression et du droit du public à une information indépendante.

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