Activistes du vendredi, youpi ! (ça donne toujours la pêche de démarrer de la sorte). Au menu ce soir, de la priseudeutêteuh mais d’abord un très bon article, avec d’antiques philosophes dedans et tout, picoré sur Planète89, excroissance de vous savez quel site récemment cambriolé. En voilà les premières lignes :

Pro ou antivégétarisme, le débat fait rage dans l’opinion. Le président de l’association Droits des animaux a souhaité réagir aux propos de Dominique Lestel, chercheur en éthologie, qui défend l’idée que l’alimentation carnée est « naturelle ».

Les débats actuels sur l’opportunité et la légitimité de la consommation de viande auraient interpellé certains philosophes de l’Antiquité, qui déjà tendaient à la décourager, pour des raisons diverses. (…)

Pour aller vite, ici le site, en français, Droits des animaux. Et surtout l’article en question :

« L’ANIMAL EST L’AVENIR DE L’HOMME », VRAIMENT ? par David Chauvet, sur Planète89

J’enchaîne directement, et avant de paumer le lien, avec une interview un peu datée mais dans le fond très fraîche (et doublement pour moi, on va voir pourquoi), remontant à 2003 :

UN MEDECIN CONSEILLE LE VEGETALISME – sur PartiVegan

Ensuite, deux sympathiques découvertes, entre credo et position éthique (oui je sais, ma formule est source de longs débats ^_^), pêchées, si je puis dire, sur Vivre Vegan, spécifiquement centrée sur la-dure-vie-VG-dans-nos-contrées pour la première ^_^, et qui m’a vraiment touchée et interpellée, et « un peu » plus générale bien qu’aussi enthousiaste pour la seconde (qui est tout un programme).
Je vous laisse déguster :

5 TRUCS POUR ETRE UN VEGAN HEUREUX

et

L’ACTIVISME INDIVIDUEL – ANTHONY MARR

Ah, évidemment, comme l’intégralité des fidèles lecteurs/trices de la Clef ne clique pas forcément, voici une (grosse) mise en bouche assortie d’un petit commentaire perso sur les « 5 trucs » en question – que je recopie abondamment (ben oui mais faut cliquer, aussi ;) ). Je dois reconnaître que l’endroit est plein d’entrées et de liens qui donnent envie de fouiner !
Je ne regrette que la (fréquente) présence du compteur-à-bêtes-mortes, qui me fout toujours un coup.

§

Lors, comment qu’on fait pour être un-e vegan-e heureux/ze ?

1.N’oubliez pas pourquoi vous avez décidé de devenir vegan

Cela semble évident, mais si vous êtes vegan depuis un certain temps il est facile de se faire embarquer dans les subtilités de ce style de vie et les débats au sujet du bien-être animal, de la libération animale ou des droits des animaux. il y a effectivement un lieu et un moment pour ces débats, mais en général, apprenez à lâcher l’affaire ! Rappelez-vous que vous êtes vegan parce que vous avez réalisé que vous ne vouliez plus vivre une vie basée sur l’exploitation et le meurtre d’êtres innocents. Souvenez-vous que vous avez choisi cette orientation pas seulement parce que vous avez senti que c’était la bonne chose à faire moralement parlant, mais aussi parce que cela vous apparaissait comme du bon sens. Vous vous êtes jeté à l’eau et avez rejeté un système entier basé sur l’exploitation et qui est actuellement socialement acceptable et encouragé à grande échelle. Vous ne contribuez plus à l’exploitation et au meurtre de milliards d’êtres vivants chaque année. Ce n’est pas n’importe quoi – c’est une raison pour sourire chaque jour !

=> Voilà. Premier point, et non le moindre, je peux dire que celui-ci m’a fait sacrément du bien. C’est effectivement quelque chose (la causalité) à laquelle je me réfère très régulièrement, mais le voir posé comme ça, c’est du baume.

Toutafé okay, sauf peut-être sur l’adjectif « innocents », je vois bien ce qui est signifié, mais quand même, ça me gratte un peu sur les bords.
Bon, ça c’est vraiment pour pinailler, je vais être un chouïa plus critique ensuite.

2.Ne voyez pas les non vegans comme des ennemis

Une fois que vous êtes devenu vegan et avez réalisé l’incroyable impact positif que ce mode de vie peut avoir sur votre bien-être physique, mental et peut-être spirituel, il est facile d’être déconcerté parce que les autres ne « voient pas la lumière ». Ce qui rend les choses plus difficiles c’est que le monde est plein de gens qui disent aimer les animaux et ne jamais vouloir ni leur faire mal intentionnellement ni tuer un autre être vivant, et qui pourtant vivent dans le déni complet lorsqu’il s’agit de leur alimentation et des choix de vie qu’ils font. Oui, cela peut être rageant de penser à ça et il est tentant de harceler les gens et de leur crier des choses comme « devenez vegan ! », sans leur fournir de contexte adéquat. Toutefois, rappelez-vous que ce n’est pas leur faute. Le mouvement pour le bien-être animal est en grande partie responsable (mais n’allons pas sur ce terrain maintenant). Beaucoup d’entre nous ont consommé de la viande, du lait et ont indirectement participé à la cruauté durant des années avant de devenir vegan. Ne débattez pas avec les gens qui ne s’intéressent pas à votre style de vie, mais parlez fort et fièrement de la manière dont vous menez une vie normale, satisfaisante et heureuse en tant que vegan. Nous sommes les ambassadeurs d’un mode de vie génial. Ne l’oubliez pas !

=> Ah, la lumière ! Et le monde qui ne voit rien ! Je me suis reconnue dans cette description, oui, et pas qu’un peu – quelques billets antérieurs en témoignent, d’ailleurs. Pour toute la première partie du paragraphe.

Ensuite, moins. Je n’ai jamais crié à quiconque « devenez vegan » et je ne me vois pas le faire – malgré les insinuations d’aucuns qui auraient bien voulu que je le fisse (?), histoire de me coller dans une case bien binaire. Eh non, je confirme, je ne fais pas ça…
Concernant la remarque sur le « mouvement pour le bien-être animal », je n’en sais pas trop plus mais je suppose qu’il est fait allusion à des organismes comme PETA ou ALF, abonnés aux actions coup de poing. C’est peut-être ça – bref.

Bien vu, l’alerte sur le risque d’épuisement inutile à débattre avec des gens non intéressés ; il est vrai qu’on serait tenté-e certains jours de remettre la robe de pasionaria, et qu’il est des luttes qui ne donnent pas envie de se rasseoir.
Là, je tique d’ailleurs une seconde fois sur « vie normale », parce qu’on sait bien que la définition de la norme, hein. (Et qu’en plus je n’ai rien dont chanter les louanges d’un style de vie « normale »). J’aurais préféré « équilibrée » ou « harmonieuse » ou « épanouissante », je suppose.
Allez, je comprends bien la tentative de renverser la vapeur de la perception de la « norme »…

…Et un point de plus pour l’ultime phrase qui est trop belle :)

3.N’essayez pas d’être parfait

Vous êtes vegan et c’est cool, mais cela ne veut pas dire que vous êtes parfait. Nous ne voulons pas dire que c’est OK de consommer du fromage ou des oeufs de la ferme voisine de temps à autre. NON ! Ce n’est pas vegan si vous êtes clair en ce qui concerne le point 1, vous ne voudrez pas le faire. Ce que nous voulons dire, c’est de ne pas se flageller au sujet de ce monde dans lequel nous vivons et qui est si dépendant des matières issues des animaux – ne vivez pas dans un état de paranoïa constante. Vous devez faire ce qui est le plus pratique ou vous aurez à partir vivre dans les bois et à rejeter la société moderne. Relax ! Nous savons que le voiture que vous conduisez peut avoir des pneus en partie non-vegan et que le liquide de frein peut contenir des produits animaux. Votre vélo peut ne pas être exemplt de matière animale, de même que le béton sur lequel vous marchez. Le véganisme ce n’est pas s’efforcer d’être parfait, c’est faire des choix conscients, lorsqu’ils sont faisables. Le bon côté des choses c’est qu’en ce qui concerne la nourriture, les vêtements et les produits cosmétiques que nous utilisons, il est devenu relativement simple de nos jours de faire des choix vegan, mais s’il vous plaît ne hurlez pas et ne virez pas dépressif quand quelqu’un annonce que l’eau du robinet n’est pas vegan. Même l’air que vous respirez peut techniquement ne pas être vegan, mais là n’est pas le sujet !

=>Moui. Très vrai dans la vie quotidienne, moins défendable dans l’esprit – je vois là une limite arbitraire, bien sûr qu’elle l’est d’ailleurs, mais j’ai l’impression que cette définition trop floue et « trop pratique » de la limite permettrait à chacun de se fixer la sienne tranquillou (ça, encore, why not) mais surtout d’en référer aux mêmes codes éthiques alors que leur application diffèrerait sensiblement… Arf, dur, ça.

Donc je suis très moit-moit sur ce point 3 : très d’accord avec « Le véganisme ce n’est pas s’efforcer d’être parfait, c’est faire des choix conscients, lorsqu’ils sont faisables« , un peu de réalisme ne fait pas de mal ; et bien moins d’accord avec le drapeau de la vie sauvage brandi comme un tel danger : déjà parce que, yep, on vit dans les bois et ce n’est pas si mal ^_^, et puis surtout, quand même, parce que dans mon cas comme dans celui de beaucoup d’autres, ce choix radical a – aussi – un fondement politique et socio-économique : la critique du capitalisme et le boycott, autant que possible, de ce système par l’exploitation animale. Si on va réellement au bout de la logique (loin, quoi), on parvient tout bonnement à la remise en cause de la société occidentale actuelle dans son ensemble…

En conclusion, je dirais que ce paragraphe est très bien pour se motiver au quotidien et ne pas trop se ronger les sangs, mais que dans le fond la mentalité sous-jacente ne me convient pas…

4.Apprenez à cuisiner de la délicieuse nourriture vegan

La raison première pour laquelle les gens ne deviennent pas vegan ou ne le restent pas c’est qu’ils trouvent difficile de renoncer à la nourriture qui contient des produits animaux. Ce qu’ils ne réalisent pas c’est que ce n’est pas la nourriture qui leur manque – ils sont simplement conditionnés à aimer certains goûts qu’ils croient ne pas pouvoir retrouver dans un régime alimentaire à base de plantes. Si vous avez été dans un bon restaurant vegan, vous savez que la cuisine vegan peut être aussi délicieuse et réconfortante, décadente et succulente (ou toute autre terminologie à la mode cette année), mais aussi BIEN PLUS saine et goûteuse que la nourriture non vegane. Maintenant voici le point de départ – vous n’avez pas besoin d’être un chef pour cuisiner cette nourriture vous-même. Armez-vous simplement d’un bon livre de cuisine vegane et vous pouvez préparer n’importe lequel de vos plats préférés, quand vous le voulez. Un autre bénéfice important que vous en retirerez c’est que vous pourrez montrer vos délicieux plats vegans à vos amis non vegan et leur faire prendre conscience que la nourriture que vous mangez n’est pas seulement meilleure pour la santé que celle qu’ils consomment en tant qu’omnivores ou végétariens, mais qu’elle est aussi meilleure au goût et plus satisfaisante dans bien des cas. Par exemple, rien n’égale la vision d’un non-vegan qui mange un bon cupcake qui explose à chaque fois ses papilles et ses idées préconçues sur la nourriture vegan !

=> Bon, là je vais avoir des difficultés à ne pas être d’accord ;). En témoigne la récente poussée spontanée du petit blog culinaire promis (j’espère !) à grandir grandir.
Et après une petite année de diverses expériences dans ce domaine, en famille, entre amis et même au taf, cela donne en général de bons moments, de bons souvenirs, et davantage d’ouverture… (à la condition que, bien sûr, on ne prolonge pas trop la partie débat qui surgit immanquablement entre les graines de courge et la poëlée de tofu…)

Sinon, c’est quoi un cupcake ?

5.Communiquez avec d’autres vegans

Quand vous faites partie d’une minorité vous êtes forcément la cible de quelques stéréotypes ridicules. Cette situation peut être décourageante ; partciulièrement lorsque cela vient de gens proches de vous ou, dans beaucoup de cas, de votre famille ! C’est pour cela qu’il est très important de tisser des liens avec des vegans qui pensent comme vous. Nous sommes actuellement peu nombreux, mais nous existons ! Vous ne vivez peut-être pas dans un quartier, un village ou une ville qui comporte beaucoup de vegans, mais cela ne devrait pas vous empêcher de rencontrer d’autres vegans. Nous sommes au 21ème siècle et un nouveau monde rempli de vegans est à portée de clic. Ils sont comme vous – ils aiment bavarder au sujet de tout et partager leurs histoires de combats, leurs recettes et leurs trucs au sujet de tout ce qui touche au véganisme. peut importe ce que le monde non vegan nous balance, c’est toujours rassurant de savoir qu’il y a dans votre vie des gens qui partagent vos croyances philosophiques et qui vous soutiendront et comprendront ce que vous avez à endurer.

=> Un peu comme au point 3 : OK sur l’idée, moins OK cette fois sur le côté communautaire youplaboum. Cela m’a déjà un peu fait grincer plus haut (je ne sais plus où), mais le truc du bonheur systématique, je laisse ça à ceux qui savent le jouer, et tant pis si ça ne rentre pas dans le dogme du vegan heureux… Parce que, tout de même, à la base il y a la souffrance animale, il y a des questions pas possibles et un monde environnant dégoulinant de sang et de graisse, et, non, la vérité c’est que ce n’est pas le bonheur, et que ça peut même devenir certains jours une véritable nausée de traverser ça, de voir ce que si peu veulent voir, etc.
Et puis, donc, l’aspect « on se regroupe entre nous parce qu’on est tous d’accord alors on va s’entendre », bien sûr ça réconforte, mais c’est un peu bref. Mitigée, là aussi.

En résumé, rappelez-vous que le véganisme est simple si vous avez votre conscience pour vous et si vous apprenez à gérer avec classe ce que les gens vous envoient à la figure. Ne donnez pas aux gens non vegan l’occasion de se demander pourquoi vous avez choisi un mode de vie si différent du leur ; faites-leur se demander si votre mode de vie a à voir ou non avec le fait que vous soyez toujours si heureux.

=> Bon, sur cette conclusion, je ne peux que répéter mon sentiment du point 5… Qu’est-ce qu’ils en savent, que je suis heureuse ou non et que c’est avec mon bonheur, réel ou supposé, que je vais militer ?

C’est un peu sournois de ma part de le présenter ainsi. Car, me connaissant un petit peu, je sais très bien, au fond, que c’est probablement avec ma colère, et non avec mon bonheur, que je milite le mieux. C’est comme ça, moi bien écouter Yi King, moi utiliser colère de moi pour lutter pour justice, et moi convaincante quand moi énervée. Nan ? ;)
Ce que je veux dire, c’est que cette conclusion est trop simpliste à mon sens, et que l’on pourrait proposer à chacun-e de lutter avec ses propres armes, qui seront toujours plus affûtées car plus sincères, au lieu de se caler un peu bêtement sur le paradigme dominant de l’idéologie néolibérale que je combats précisément, et qui annone cette saleté de bonheur obligatoire. Libérer les animaux, oui. Se rouler dans la mièvrerie sucrée, non !

Vive le véganisme ! Vive la colère ! Et vivent les poules !!! :)

… Je rends quand même hommage à ce texte (et à sa traduction), qui a le mérite d’exister, déjà, de poser des choses et de proposer des formules « ravigotage express » dans les situations d’urgence. D’où ma conclusion toute personnelle…

§

PS. Vous constaterez la très bonne traduction en français de ce texte originellement en anglais. Une bonne source de réflexion, utile à transmettre et recopier, et quand je dis recopier, comme j’ai un souci de recalibrage des polices, j’ai dû tout recopier mot à mot, ça c’est du credo !

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