…Ou le Pays de partout, en quelque sorte. Ou mieux, le Pays de nulle part, formule sortie de ce roman nomade avec une route noire, lu à neuf ans et au titre oublié (alas), souvenir imprimé sur fond de clarinette yiddish.
Bon, revenons au présent. Pagan, pagus, le pays. La terre vivant autour de nous, en nous, le territoire du cœur… la musique.
Lors, billet musical et absolutely perso :)

Ne tenant jamais à jour ici mes écoutes musicales, et me renouvelant, il faut dire, très peu depuis quelques années, je profite d’un – gros – renouveau pour accueillir comme il se doit la petite avalanche de musiques qui me tombe dessus, dans la plus pure joie. Lyrique je suis, c’est le mot ^_^

Je réalise au passage que mêmes les récentes tentatives de réactualiser un peu, ou beaucoup, les sons dans mes oreilles, s’étaient soldées par de grosses déceptions, l’impasse, quoi, et hormis quelques fraîches pépites transmises par la Hel’ Girl (And also the trees, quel énorme coup de cœur !!! et puis aussi The legendary pink dots, et d’autres) et un Brendan Perry hautement décollatoire attrapé en plein vol de Lullaby (Eye of the hunter, écouté des dizaines de fois et toujours pas remise), et bien, ce n’était pas ça.

Alors, juste avant le retour du tympan magique, revue de la période vaches maigres, question muzik.

Mes amours d’un temps avec les deux premiers albums de Mademoiselle K avaient fait pschitt avec leur suite. Pourtant, j’y étais salement accro, à ces deux albums, surtout le premier, ça me vexe, carrément un mantra de jour, de nuit, de crépuscule, de tout le temps.

Mon autre grand pilier de ces dernières années – et de toutes ces phases de transition plus ou moins bordéliques des années précédentes -, j’ai nommé mes vénérés Omnia, commençait à tourner plus que bof avec Wolf Love (quelques morceaux encore appréciés, je ne peux plus du tout pour le reste) et a carrément tourné vinaigre, ou vanille peut-être, avec ces changement houleux de line-up et ce Müsick and Poëtree que j’ai décidément bien fait de ne pas acquérir – premier accroc à la collec’ omniesque, et si ça continue comme ça, ce ne sera pas le dernier.

J’avais voulu faire ma branchée en me plongeant dans un Inrocks, mais je n’y connaissais personne, je n’ai rien compris et au bout de la dixième présentation du jeune à frange en polo moutarde nous étonnant avec sa pop acidulée, bon, je ne me connaissais plus non plus. Ce n’est pas moi, ce ne le sera jamais, inutile d’insister, mieux valait retourner à mes amours d’antan.

Alors j’ai voulu faire ma nostalgique en me fendant d’un beau numéro d’Elegy tout neuf et brillant, bien cher (je ne me souvenais pas que c’était tant), comme au bon vieux temps où je me pétais les yeux sur les articles en blanc sur fond noir, où je bavais devant les albums que je n’aurais pas pu acheter, les auteurs dont je n’aurais pas pu (tout :P) lire, les fringues que je n’oserais jamais porter… Et grosse claque décevante, voire un peu écœurée, avec l’exemplaire que j’eus dans les mains.
Ou j’ai bien changé, ce qui est vrai, je crois, ou je ne remarque que maintenant, ou c’est eux qui ont changé (bon, peut-être les trois), mais je me suis sentie complètement extra-terrestre là-dedans, et ai même eu quelques frissons glacés à la vision de costumes ou de chroniques, comment dire, glorifiant le militaire ? Reprenant à l’envi des codes visuels qui sont pour moi, pour le moins, dérangeants ? (les visages enfantins sur des corps sexués, cette ambiguïté-là, cette équivoque que je retrouve régulièrement et qui me met si mal à l’aise, par exemple)… Pas prête à ça, je voulais encore du romantisme noir et des sons féeriques, moi, de la pose dépressive old school, des artistes originaux mais pas schizophrènes, etc. Et en plus mon green chromosome et mon radical politik chromosome ont bien enflé depuis tout ce temps, et là, comme un gros vide, pas le propos, bien sûr.
Bon. Sale retour de bâton, qui me dit que j’ai vieilli, que j’ai changé, que mon regard n’a plus rien à voir avec celui d’il y a dix ans, et que, probablement, mon parcours intérieur de ces dernières années (dans le désordre, ruralisation, repolitisation, mondedutravaillation, sevragededivantisation, végétarisation, nonviolencetisation et respiritualisation), sans compter le parcours extérieur, en miroir, dans ma vie tout court, ont modifié, fissuré, voire carrément explosé ce regard antérieur.

Et au final j’ai voulu faire mon énervée en ressortant quelques bons vieux disques métalleux – pas les plus vieux, quand même, ouille ^_^ -, ceux qui me décollaient le cerveau quand il y avait besoin, ou envie, les Opeth, Septic Flesh, System of a down, des choses furieuses juste comme ça, du Lofofora, du RATM, et puis bon, non, trop tard, c’est passé. Ce n’est plus ça. Plus en colère ? Euh, pas vraiment (:D), plutôt qu’elle s’est déplacée sur d’autres registres, je crois. Et plus moyen de supporter les interminables riffs de guitare du metal progressif, auquel j’ai été biberonnée quelque temps, un peu par procuration il est vrai (j’ai souvenir d’antiques et énormes doses de Dream Theater et de Angra, entre autres. Sans regrets mais plus aucune envie de retourner vers là).

Alors avec tout ça, je suis restée un bon moment en boucle avec ce qui me plaisait encore, ce qui me parlait pour toujours (une boucle de plus en plus serrée à mesure de l’usure du reste, en toute logique), Depeche Mode, mes vieux Omnia increvables, mes valeurs sûres comme les Carmina Burana reficelés par Karl Orff (et chantés par ci-devant Shamballah, sivouplé ;) ), Alternative 4 d’Anathema (en voilà un qui n’a pas vieilli et que j’aime toujours comme au premier matin, à peu près la seule référence de métal, au sens large, que je n’ai pas lâchée, avec aussi Tool sans doute), quelques B.O. de base, (Ghost Dog, Into the Wild, Waltz with Bashir, Nightmare before X-mas, et toute honte bue, Braveheart), Cocteau Twins, Faun bien sûr, qui s’est révélé toujours meilleur avec le temps, un peu de mainstream – Muse, Eminem, Portishead, L’école du micro d’argent d’IAM, par exemple -, un Pink n Ruby toujours en piste, un rituel et éternel retour à Dead Can Dance, mes indépassables depuis mon tout-premier-cd-de-ma-vie, un Serpent’s Egg que j’ai usé jusqu’à la corde, du haut de mes treize printemps (uuuh le vieux souvenir :P)…
Et puis, quand même, quelques petits nouveaux dans ce tableau tout chronique, Jack or Jive ainsi qu’Artesia du côté du label Prikos, Keny Arkana du côté de la bombe rap ambulante, et deux-trois bonnes surprises très hétéroclites, Misstrip (sous la neige, ah ! quel trip, en effet), Sigur Ros (sous la neige aussi, en version ultra-contemplative) et Saul Williams (qui tient la barre par tous les temps). Et un peu de choses électro venant de ma grande moitié, qui ne peut faire la vaisselle qu’avec du Prodigy à fond, mais qui se régale avec Aphex Twin, DJ Shadow (j’aime bien, lui), du jazz bien barré ou même du Faithless, et plein d’autres choses dont je n’ai pas les noms en tête, tout ça à des lieues de mes zones habituelles, donc. Voilà.

Et puis blam, je ne sais pas pourquoi – mais que cette intro est longue ! -, brutalement en l’espace de quelques jours, ou plutôt quelques nuits sans sommeil, je me réveille et je tombe sur un nouveau projet d’Oliver S. Tyr (Faun), un EP nommé Songs from Home signé Folk Noir, en collaboration avec la chanteuse de Leaf.

Et là… Merveille ! Je suis sous le charme, et de la mélodie liquide, et de la pochette encrée, et du concept, je me rue sur l’objet et le recevant ce jour, je ne peux dire qu’une seule chose : c’est beaucoup trop court ! Ce side-project est en fait un petit bijou, un condensé de tout ce que j’aime dans Faun, dans l’heavenly peut-être – si ça y rentre, sans doute que non et peu importe -, tranquille mais pas mou, mélodieux mais pas niaiseux, tombant impeccablement, pro et délicat, ces Songs from Home sont exactement comme des chansons du coin du feu, feu du foyer ou feu de camp d’ailleurs, de celles que l’on se rappelle, qui font du bien à l’âme et qui serrent un peu le coeur, en même temps.
Quelques précisions sur ce chouette blog dont je reparle un peu en bas.
Aaah me revoilà amoureuse de magie musicale, quelle sensation unique !! :)))

Hop, résurgences, dans la foulée, je ré-écoute donc du Faun tout plein, ce qui console déjà largement du désastreux naufrage omniesque, je me fais un gros craquage pas raisonnable Prikosnovéniesque (alors que j’ai des courses plus urgentes, hein) avec le seul opus qui me manquait, le Pagan Folk Festival – excellent -, je jette une oreille à Leaf qui me plaît beaucoup-beaucoup, je rebondis sur Stellamara aux accents d’Orient qui me chamboulent, ce qui me fait penser qu’il y a un Irfan à choper aussi – pas mon préféré du lot, mais bien tripant tout de même – et je m’intéresse enfin à plusieurs références dont Lullaby a partagé la découverte, Valravn notamment, il y a aussi Gjallahorn et Delayaman qui me font du pied, et The Moon and the Nightspirit qu’on avait vu en concert en Belgique (là c’est le très bon Osforràs, pardon pour les accents manquants ou inversés), pfiou, je ne sais plus où donner du tympan mais je me régale, et pour faire bonne mesure et retrouver cette petite ambiance de forêt triste, inimitable et envoûtante dans les Secrets de Morphée, je chope avec dix ans de retard l’autre XVIIe vie (La Prana, j’avais déjà Les Ielles), ainsi que deux Artesia, surtout, où je m’attarde pas trop-trop sur les textes, mais qui conviennent tout à fait quand je suis en mood conte brumeux. Et encore un Jack or Jive (Kenka), mes japonais préférés !
Pour finir dans cette orgie folk et païenne, me revient aussi en mémoire le bon conseil de Magali in Fées Divers concernant la Harpe celtique et chants du monde de Cécile Corbel – un qui m’est tombé dans les bras à moitié prix, et qui devrait arriver ces prochains jours.

Dans la besace pour plus tard, j’ai aussi noté ce que j’ai pioché dans les références pagan-folk déposées ici ou là, Wardruna, Shantalla, Sava et Azam Alli, mais je ne peux pas encore dire – je ne peux pas aller plus vite que la musique, pour le coup :o)
Et je veux encore parachever avec l’EP de Leaf, je vais commander ça avant que le banquier ne vienne déguisé en GIGN.
(souscription ICI, à partir de 5 euros)

Pfiou quel ménage auditif, et quel bonheur de se rouler sans vergogne dans les styles qui ne plaisent quasi qu’à moi – dans mon entourage proche veux-je dire -, pas à la mode, pas pour faire plaisir à quelqu’un, pas par facilité, juste par pur plaisir personnel… Impression d’avoir pris rendez-vous avec moi-même, et pour une fois, de ne pas avoir trop loupé la rencontre ;)

On ne pourra pas dire que je n’aurai pas suivi une forme de rite de lustration, pour cet Imbolc, l’ambiance au Nid est vraiment au grand nettoyage existentiel, entre la musique, la maison métamorphosée, (les autres métamorphoses ^v^), le temps partiel (YES), les nouveaux noms, les popotes de nuit, les lectures toujours plus en joyeux désordre, le récurage d’Héphaïstos qui me nargue avec son goudron plein les tuyaux, le tri dans les habits (par force et aussi par goût, ça a bien bougé aussi du côté du no-look, enfin il est toujours no- mais ce n’est plus trop le même :D), et l’ultime bonne nouvelle de la semaine, qui promet de bruyantes musiques et qui nous a mis sur un nuage… l’accord du permis pour l’atelier (ultra YESSS) !

Voilà. Toutes ces longues lignes juste pour dire que j’ai reçu mes disques, que je ne me suis toujours pas faite à acheter directement sur itiounes, que je profite du petit laps de temps libre avant la grande aventure pour me vautrer dans les ondes sonores de Folk Noir, Stellamara, The Moon et consorts, tout en traînant sur des pagan blogs frétillants de wicca dont je ne soupçonnais pas l’existence, dénichant même une sorcière activiste qui sait situer la Palestine, Starhawkdonc tout espoir est permis en ce monde ! -, peu traduite et c’est dommage, là de suite ; en décomptant les crépitantes synchronicités qui se bousculent au portillon, c’est comme les étoiles filantes, il y a des phases comme ça – la plus croustifondante étant ce passage improbable par google pour faire un petit tour sur le blog de mabonnamie Psyché, je ne sais même pas pourquoi je suis passée par le moteur, et donc en tapant Psychopompe, beau terme quand même sujet à de vastes et multiples pistes, me voilà glissant direct dans l’antre d’une joyeuse ‘hippie sous LSD’ qui loge une petite vidéo de… Faun :o) ) ; et en replongeant, avec autant de plaisir que de petit pincement connu de ceux-qui, dans quelques perles oxymoriennes, Emblèmes et anthos dont on n’a pas fini de regretter la grande, grande, qualité. ça se voit en plus en maintenant. Et que dans toute cette joie en mineur et en mélodie, j’apprends que non seulement Brendan Perry a sorti un autre album solo (gniiii) mais encore plus, le truc de fou qui donne des extra-systoles à mon cœur d’adolescente, que Dead Can Dance se reforme pour un nouvel album mi-2012 suivi d’une big tournée, aaaaaaaah je vais caler toute mon année en fonction de ça (de ça aussi), * le * groupe que j’ai de tout temps infiniment regretté de ne jamais avoir vu en concert, cieux…
* fin de paragraphe pour cause d’hypersalivation incontrôlable *

Et puis, en bonne geekette prise en flagrant délit d’abus d’écran caractérisé, j’ai fini par ne plus m’interdire l’inscription sur Twitter (dont vous voyez les pépiements dans la colonne de droite), au départ pour suivre les actus de l’Ecologithèque (ouais la bonne excuse :D), et de fil en aiguille j’ai découvert ou redécouvert tout un tas d’endroits fichtrement intéressants et hétérogènes, pour ne citer que mes deux coups de coeur les plus récents, la géniale interview de Baptiste Lanaspèze (chez On the road with Jerry, qui semble bien aimer Kerouac et les Grateful Dead, croisé via Babelio et via certains Aristocrates sauvages bellement offerts par Psyché justement ;) ), des éditions Wildproject, qui achève de me mettre en joie avec l’annonce de la sortie d’une biographie de maître Thoreau himself, aaaaaah encore, trépidation dans les chaumières et sur les routes ; et parmi une foultitude de blogs, d’ateliers bijoux, de rites équinoxiaux et de conseils de lecture tous plus tentants les uns que les autres – record éhonté de * 249 * bouquins sur la wishlist, je suis en phase terminale là -, un que je ne vois qu’aujourd’hui et qui me plaît vraiment bien, celui de Claire des Bruyères, à qui je voudrais laisser un mot dès que j’aurai complété mon tour, et qui boucle la boucle en connaissant Fées Divers, le monde est petit, en tout cas le mien prend la forme d’un cercle en ce moment, et ce que c’est bien. :)

(En parlant de FD, en même temps que l’opus de dame Corbel, devrait arriver Les idylles du roi, chroniqué par Magali toujours, à qui je vais demander une commission pour endettement massif ;P)

Si je suis sage, j’ajouterai les websites, pages facebook et myspace, etc, de tous ces bels et bons groupes ; là je laisse décanter un peu, et surtout j’ai à faire dans la vie en 3D, qui ne s’arrête pas le jour, la coquine.

Allez, encore un bonne niouz pour la route (et encore que pour nos petites pommes, vous aurez remarqué, même si je conseille, on ne se refait pas, de refaire un tour sur le blog de Fukushima, par exemple, en moins marrant / ou vers les basculements judiciaires en faveur de Kokopelli, en plus optimiste / ou sur les Cahiers antispécistes, article ‘Le pire a lieu en mer : pratiques de la pêche commerciale‘, en plus hallucinatoire, ou… bref, vous connaissez les chemins), je fais mes ultimes jours de taf la semaine prochaine, et ensuite, je n’y mets pas les pieds pendant six bons mois… Non, ce ne sera pas les vacances, je ne pense pas. Ce sera mieux :)))

The end ! Prochaine mise à jour musicale dans cinq ans ;)

Pour la route, une Song from Home aux méritant-e-s qui ont tout lu :

(En mode numérologique : hey c’est mon 111ème billet, u-uh)

(Et en mode private, Fantômette en images dans deux jours =^.^=)

Publicités