Achillée millefeuille, octobre 2012, @Sinn Tilimsen

§

 » Jeune, je n’avais aucun penchant pour
les affaires du monde.
Mon cœur me portait vers les collines
et les montagnes.
Pourtant je me laissais prendre dans
les filets du monde.
Quand je m’éveillai, treize années
de ma vie s’étaient envolées.

L’oiseau prisonnier pleure sa forêt natale,
Le poisson du bassin, sa rivière
profonde.
J’ai défriché une lande au sud.
Pour cultiver ma nature, je suis revenu
au jardin.

Mon domaine ne fait pas plus
de dix arpents.
Mon toit de chaume couvre huit
ou neuf travées.
Ormes et saules font de l’ombre à
l’arrière,
Pêchers et pruniers ornent la façade.

Dans les volutes de fumée qui
s’échappent des toitures,
S’effacent au loin les autres maisons.
Seuls me parviennent, du fond des
ruelles, les aboiements des chiens
Et le chant d’un coq juché sur un mûrier.

Chez moi n’entrent plus les poussières
du monde,
Plus rien n’encombre mes pièces vides.
Ayant trop longtemps vécu en cage,
J’ai pu enfin revenir à ma nature
véritable.  »

Tao Yuanming,
cité dans les Contes des sages jardiniers

§

Rien à rajouter. :)
Bonne vie en 3D, les amis, et bon Yule… :*

§

PS. Retours à la ligne certainement dus
à l’impression du poème
sur un livre de format étroit…
mais qui m’ont tant plu,
malgré leur petite préciosité occidentale,
que je les reprends tels quels.

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