Category: Salle de soins


(Note pour les lecteurs de Clef : attention, billet long et pas drôle. Ceci est un mail envoyé aux auteurs de l’article, et en copie, billet déposé ici pour mémoire – justement. Il est conseillé, pour en comprendre la raison, de lire d’abord et surtout l’article en question, chez ‘Les mots sont importants’, lien ci-dessous. Et il est plus que recommandé de rebondir en mode Perce-neige du billet précédent, autrement plus positif et engageant ; j’aurais voulu ne pas poursuivre la semaine sur une note si sombre, mais parfois il le faut. A très vite donc, et plantez plein de graines !!)

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Bonjour,

un courrier que je voulais rapide, mais qui sera long, pour vous remercier, grandement, de ce texte tout juste paru sur Les mots sont importants intitulé Violence Normale Supérieure, et qui revient sur les diverses formes de discriminations violentes à l’œuvre à l’Ecole Normale Supérieure.

J’ai donc lu votre document. J’ai eu l’impression de replonger sans préavis dans la première moitié de mes années de médecine.

Ce n’était donc pas l’ENS mais pourtant, que de similitudes, que de sentiment de triste et sale familiarité dans ce que j’ai lu. L’ambiance sexiste ordinaire, la grossièreté crasse à tous les étages, le racisme à peine voilé quand il n’est pas claironné, et puis, oui, il était important de le souligner, ce racisme de classe encore plus présent, fort, détestable, dégueulasse. Lire la suite

Comment dit-on « île du bonheur » ou « île de la fortune » en japonais ? La réponse en bout de billet. En attendant, et comme dans l’ancien temps de ContreChant, une grosse moisson au milieu d’une longue absence.

Prologue : l’impossible billet.

… Ou comment résumer en quelques lignes (rapides, brèves, toujours la vitesse virtuelle qui nous rattrape et nous double), à la fois les voies du virtuel, donc, qui nous parlent d’un monde très – trop – réaliste, incarné, où tout vit et souffre, et où un peu de joie, aussi, quand même / et dans le même temps dédoublé, les routes réelles de notre vraie vie tridimensionnelle, où il se passe bien des choses cette année, du beau, du triste, du terrible, du génial. Mouvances climatiques sous le ciel du Nid et ailleurs, chantier complet, dans les tribus proches, dans les cœurs battant à l’unisson avec les nôtres.

Donc bien sûr, je ne peux vous parler de tout ça, de ces routes du réel, ici, d’autant que certain-e-s sont déjà au fait des actualités privées. Je pourrais, à nouveau, expliquer en détail ce que je ne sais pas très bien moi-même, à savoir, les raisons de cette présence en pointillés, en ce moment, sur la Clef et ailleurs. Certaines évidentes, d’autres plus obscures, et toujours, de plus en plus, le problème de l’ambivalence face à l’ordi/l’écran/les téléphones, comme une pierre dans mon jardin, qui me regarde et rigole de ma perplexité face à son paradoxe foncier. Bref.
Je vous épargne la suite de la tirade, et comme vous pouvez le constater au vu des effluves qui émanent de l’office de Cuivre & Cumin, quand je n’ai plus le temps ou le nerf pour me péter le dos sur mon ordi et que je ne suis pas au travail / au jardin / au lit / au livre, je cuisine un peu.

Sauf là de suite. Lire la suite

Vaste et infinie promenade que celle entre les plantes, qui soignent, qui réparent, qui apaisent. S’en tenir aux plantes médicinales pourrait paraître réducteur, mais le sujet est en lui-même si étendu qu’une petite percée d’apprentie herboriste dans la forêt des livres permettra de débroussailler un peu – et de se faire plaisir beaucoup.

Loin d’être exhaustif, bien sûr, mon rayon « herboristerie » se targue de quelques exemplaires que je suis bien contente de retrouver, et se lit non pas d’une traite mais en étoile, en petits bouts, en consultations épisodiques… Et se trouve être très mélangé avec des sujets proches, sans être spécifiquement médicinaux, tels que les arbres (penser à une B-Bulle arbresque), le jardinage biologique, la cuisine des plantes sauvages, etc.
Je commencerai donc par mes préférés, et me retiendrai d’y adjoindre tout plein d’autres choses sur les jardins, la botanique, et les brins de paille révolutionnaires. Lire la suite

…Et des gens qui se soignent avec ! Ces deux pétitions urgentes font dresser les cheveux sur la tête : en effet on n’aura plus accès aux plantes médicinales (o_O), les médecines multimillénaires sont menacées par ces saletés de labos pharmaceutiques, le danger est de taille ! Phytothérapie mais aussi autres modes de soin sont en danger. Davantage d’infos et signatures ici (attention il semble exister deux pétitions séparées, autant signer les deux) :

La première est une pétition européenne pour exiger notre droit aux plantes médicinales (on parlait de droit tantôt, bien voilà un point où il devrait s’appliquer) :

POUR L’ARRET DE LA DIRECTIVE SUR LES PRODUITS
A BASE DE PLANTES MEDICINALES TRADITIONNELLES

Et donc la seconde :

POUR LA LIBERTE EN MATIERE DE THERAPEUTIQUE
DES MALADES ET DES MEDECINS

…Et voici l’article (très) fraîchement reçu à ce propos, qui est bien explicite et trace bien la voie brûlante de la colère :

GRANDE VICTOIRE POUR L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE :
LES PLANTES MEDICINALES BIENTOT INTERDITES DANS L’U.E.

En résumé, c’est une catastrophe ! Merci, merci, merci de faire passer tant et plus, et le message et la pétition, c’est absolument vital, je ne vois pas quoi faire d’autre – et je suis censée être habituée mais les bras m’en tombent… L’article conseille également d’écrire à son député européen. ça ne va pas du tout cette histoire !

(En aparté : je suis censée autoréguler un peu le rythme de parution de la Clef, mais là il est hors de question d’attendre un jour de plus avant de faire tourner ceci…)

En route, moteur, action(s). A vous de jouer ! Appel à yeux et à mains pour les liens que voici :

CYBERACTION n° 361 :
HAÏTI MANIFESTE CONTRE LE SEISME MONSANTO

=> Résumé personnel : ces gros charognards@Monsanto profitent du tremblement de terre catastrophique à Haïti déjà passablement miséreuse (merci l’Occident, again) pour refourguer leurs graines trafiquées… Où l’on peut écrire (vite et bien) à l’ambassade de France en Haïti.

ULYSSE CLANDESTIN, LE FILM –
APPEL POUR LA SUPPRESSION DU MINISTERE DE L’IDENTITE NATIONALE ET DE L’IMMIGRATION

=> Résumé universel : ces gros charognards@Gouvernement profitent du bordel mondial sur cette Planète déjà passablement mise à sac par des siècles de colonisations et de capitalismes intensifs (merci l’Occident) pour remplir moult charters de moult êtres humains contre leur gré, tout droit vers les contrées (qu’ils viennent de fuir) justement celles spoliées à la base par les mêmes… Où l’on peut signer l’appel, s’informer et souscrire pour le DVD du film « Ulysse clandestin ».

PETITION DE SOUTIEN AUX SAGES-FEMMES

=> Non-résumé : parce qu’il faut soutenir, et cette profession (dont fut mon aïeule tarnaise), et le service public avant qu’il ne s’écroule totalement.

Voilà… J’ai bien d’autres choses à linker mais le temps presse, manque, court. A votre tour :)

A travailler avec des enfants, je commence par eux : Askarkids est le livre-résultat d’un atelier photo réalisé par les enfants du camp de réfugiés d’Askar. Souscription ouverte, et petit prix (15 euros au lieu de 20, port non compris) jusqu’au 15 juin.
Pour feuilleter et/ou souscrire, c’est là :

ASKARKIDS – Editions de Juillet

Et en voici la présentation :

Le projet d’ateliers photo avec les enfants du camp de réfugiés d’Askar, en Cisjordanie, est né de la collaboration entre le photographe François Legeait, auteur de « Palestine 141 » (Editions de Juillet, 2008), et les fondateurs du centre social du camp.

Agés de 9 à 15 ans, la plupart n’avaient jamais tenu un appareil photo. Ils ont appris à prendre leur temps, à poser leur regard, à dégager du sens. Un travail où il est question de perspectives qui ne sont pas uniquement graphiques…

Armés d’appareils de récupération, d’une énergie intarissable, et d’une immense envie de dire, dix-neuf « Askar kids » témoignent ici de leur quotidien, en même temps que d’étonnants talents de photographes !

EDIT : lien vers la critique que j’en ai faite sur Babelio.


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& autres nouvelles… de Palestine donc.

Dans le flot des articles et réactions qui sont exponentielles (en nombre) depuis lundi, je retiens cet impeccable article, net, précis, sans appel, d’Alain Gresh sur son blog Nouvelles d’Orient, chez le Monde Diplo. J’ai eu l’occasion de dire rapidement que je venais d’acquérir l’édition actualisée de son « Israël, Palestine, vérités sur un conflit », j’en dirai plus dans un billet livresque. En attendant :

ISRAEL, L’IMPUNITE JUSQU’A QUAND
– par Alain Gresh – Nouvelles d’Orient
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Mal aux yeux… A force d’avoir trié et entré des centaines de photos palestiniennes –il finira bien par voir le jour, ce carnet de voyage. Et ces satanés panneaux d’expo bricolés à la hâte. Pas comme si je n’avais pas eu plus d’un an pour les faire.

Mal au ventre… Du larsen mondial, des jeunes Afghans qui traversent deux continents, ont l’âge de mes patients, et qui finissent sous un camion du Nord. (Yep, amie, j’entends les noms que tu récites. Pas pour rien, jamais). Des échos perpétuels de ce livre que je n’ai jamais pu terminer, Bilal sur la route des clandestins, tant il était … hallucinant. Incroyable. Irreprésentable. Et pourtant là. Partout.

Mal à la tête… Du vertige de tous ces cris à pousser, ces appels si nombreux qu’il devient ardu de tout relayer, pour les peuples, les bêtes, les forêts, les mers, pour TOUT bon sang, tout ce qui a le mauvais goût d’être vivant mais ni-blanc-ni-riche-ni-fricophone, tous ces -milliards de- gens qui se font emmerder tout le temps, aux quatre coins du globe.

Impression de manger de la souffrance — comme quand on mangeait de la viande. Du trauma.

Mal aux mains… Parce que même au milieu de nos beaux pays bien cossus, les poisons comportementalistes infiltrent les mentalités, et nous convoquent non plus à soigner mais à dresser les gosses, parce qu’il y a du monde à baver sur le filon juteux de l’autisme (on aura bien lu), et que c’est en train de tuer le soin. Et d’en énerver plus d’un (ouf), comme en témoigne la saine et impressionnante gueulante de ce père dans Le bloc notes du désordre.

Mal au cœur… Pour la Palestine, encore, toujours, pardon mais je ne peux pas ne pas y revenir sans cesse, car cela me hante. Pour les vis serrées, boulonnées, les menaces d’expulsions de masse, et la botte de l’occupation toujours plus écrasante sur les mouvements des gens, et juste le droit à vivre sans finir en cabane (Cisjordanie, territoire filtré, la réaction de l’ONU ainsi que la déclaration du MRAP).
–Faible consolation, sous le souffle éphémère du drapeau palestinien sur l’Arc de Triomphe, en protestation de l’appellation de l’esplanade « Ben Gourion ». —
…Ce voyage, ce pays, ne me quittent jamais. J’ai quand même bon espoir d’enfin concrétiser un peu le retour bloguesque sur ça, malgré les vrilles que cela actionne au dedans.

Bon. Mal partout. Ce billet est tout mélangé, je sais, mais moi aussi.

Sounds : du vieux NTM, le plus accordé aux torsions émotionnelles sans filtre.

Transmis par Mr Nicolino (sur Planète sans Visa, encore et toujours), un reportage francophone décapant sur l’usine mexicaine d’où tout est parti, et notamment la grippe porcine, dont le nom n’était pas encore novlanguisé en H1N1.

ça dure 43 mn environ, c’est brutalement réel et tout à fait instructif (attention aux âmes empathes qui considèrent les bêtes comme des êtres vivants et sensibles), et c’est à voir sur le site de la tv suisse romande :

H1N1 : POURQUOI C’EST TOMBE SUR LES MEXICAINS ?

(j’espère que la vidéo restera un moment en ligne…)

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Et sinon, dans les marges,
une pensée personnelle pour les nuages qui dansent
maintenant dans le ciel,
nous couvrant de neige.

Violent. Dérangeant. Saignant. Ecoeurant. Mais surtout Réel. Multiprimé et nominé aux Oscars, EARTHLINGS est le documentaire le plus exhaustif et le plus cinglant sur la relation moderne de l’homme à l’animal. Relation ou plutôt asservissement pour godasses, torture pour assiette, meurtre de masse pour masses meurtrières.

Exagéré ? Non, en dessous, toujours en dessous de la réalité qui nous est ici montrée, de façon claire et sans équivoque. Le docu est découpé (sans anesthésie) en cinq parties qui font le tour de la question, et qui nous remettent salement en question. Lire la suite

2005 à 2009, une chronologie de la pente répressive et anti-humaniste envers les kids de tous bords (ceux qui débordent surtout, tous ceux des marges), un article clair et sans appel, ici :

ENFANCE IRREGULIERE, par Gilles Chantraine et Ariane Chottrin

Extrait coup de coeur, mais tout l’article est de la même teneur :

Concrètement, aujourd’hui, que fabriquent ces discours qui méritent un peu d’attention ? Ils érigent en place de vérité des approches déterministes faisant du moindre geste, comme des moindres bêtises d’enfant, le signe d’une pathologie qu’il convient de neutraliser au plus vite ; ils promeuvent des thèses favorables à l’origine biologique des comportements humains dit déviants pour justifier fichiers et traitements ; ils privilégient l’isolement plutôt que l’accueil, la surveillance plutôt que l’accompagnement, la réponse répressive plutôt qu’éducative, ou prétendent que la seconde vient nécessairement avec la première. Étrange époque que celle qui peut compter par millions les petits consommateurs de Ritaline, de Concerta, ou de molécule voisine transformant les enfants agités en sages à l’école et les petits frondeurs distraits ou bavards en disciplinés, étrange époque que celle qui cherche à effacer les « symptômes » avec n’importe laquelle de ces drogues que Freud nommait Sorgenbrecher (briseurs de soucis).

(c’est moi qui souligne ; et c’est moi qui envoie plein de liens du même acabit. Mais quand c’est clair et que ça résonne fort fort dans les professions, et surtout dans le coeur, linkons vaillamment…)

Les algues vertes peuvent tuer, pour cause d’émanations d’hydrogène sulfuré, un gaz toxique voire létal… c’est expliqué dans cet article hallucinant :

ALGUES VERTES, UNE POLLUTION MORTELLE ENCORE SOUS-ESTIMEE

(…) La publication en moins d’une semaine d’un « rapport » commandé à l’Ineris, qui a confirmé, bien au-delà de ce qui était admis jusqu’à présent, l’extrême nocivité des algues vertes qui défigurent les côtes bretonnes, puisque la santé humaine est clairement menacée aux dires des experts de l’institut (…)

Alertes médicales depuis dix ans, pollutions minorées, agriculture industrielle toujours plus catastrophique en termes environnementaux (et sanitaires, du coup), rejetant des infinités des nitrates et ayant aussi pour conséquence l’invasion des fameuses algues vertes. On est verdâtres…

Et un coup au cœur, un de plus, pour la Bretagne, contrée magique et têtue, une espèce d’Ariège Atlantique quoi, maintenant défigurée et empoisonnée, qui s’est déjà mangé, en plus, le pétrole de l’Erika et les saignées (par le feu ou les ordures) de Brocéliande…

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(Next épisode : De comment j’ai enfin pu caler les abonnements Mail et RSS pour ce petit blog ^^)

C’est ce gros et bon article sur le dernier ouvrage du médecin pas d’accord avec les autres qui me fait bien envie :

CRITIQUE (positive) DU CHOEUR DES FEMMES, DE MARTIN WINCKLER

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Raison de naître de ce blog, le mini-stage d’herboristerie familiale que j’ai pu faire au bien nommé Jardin des Sortilèges, petit lieu caché dans les hauteurs de Sengouagnet (31), au pied des Pyrénées.

Un petit stage trop court mais très agréable, pluvieux mais instructif !
Et gratitude envers les animatrices jeunes et motivées, et bonne continuation à elles, l’initiative est à poursuivre malgré les critiques et les petits flottements dans les préparatifs et les indications.
Le passage à l’identification des plantes en direct et à la pratique concernant les transformations, est vraiment ce qui m’a le plus… ensorcelée.
Complément très utile aux livres et aux recherches personnelles… Et la joie de découvrir un beau jardin en prime.

Deux parties : les transformations et la galerie. Je commence par les transformations (sans photos… il faudra imaginer les étapes), puis dans le post suivant quelques photos de plantes.

L’on trouvera toutes informations utiles dans de bels et bons ouvrages faits exprès pour, là je remets juste mes notes au propre, rien d’exhaustif donc.

14 - osier

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