Category: Soleil Levant


La Clef est en sommeil depuis des mois, et cela risque de durer encore. Je ne romps le jeûne que pour évoquer ce très beau livre de photographies, Nippon 2011, de Frédérick Carnet, découvert hier via Aizen, blogueuse ès Japon engagée, qui en a parlé sur Twitter (le fil du photographe : @CARNETFREDERICK et celui d’Aizen : @Aizen_kaguya).

L’histoire de ce parcours de trois mois, à photo et à vélo, du nord de l’île d’Hokkaido vers les zones de Fukushima, par un jeune photographe et citoyen du monde révolté par le drame sans nom du séisme de mars 2011 et de Fukushima, m’a tellement plu et touché que je suis présentement en train de commander l’ouvrage. Lire la suite

C’est le moment ou jamais de ne plus se sentir impuissant-e. Je me permets d’insister… et sur le sujet – la catastrophe nucléaire de Fukushima – et sur l’appel urgent à participation. Voici donc un autre docu consacré à Fukushima, nommé The Grey Zone, un projet d’Alain de Halleux, spécialiste et militant actif du nucléaire, dont je vous ai déjà parlé dans Message in a bottle. Oui, le carnet de voyage sur les gamins en zone irradiée, c’est lui.
Alors, The Grey Zone : projet déjà bien avancé, il lui faut juste un peu de sous pour finaliser le film, qui promet d’être magistral.

Infos et lien pour donations sur le toujours complet blog de Fukushima :

The Grey Zone, d’Alain de Halleux, un film à soutenir

…et le lien direct pour participer ici (plus que 19 jours !), avec également des bandes-annonces de ses précédentes productions et liens vers son blog :

The Grey Zone – par Alain de Halleux – sur Indiegogo

Après la bande-annonce ci-dessus (assez chavirante aussi), je laisse le micro au pitch :

Minamisoma, 20 KMS de la centrale de Fukushima. Depuis 1000 ans, la ville célèbre le festival samouraï du NOMAOI, rappelant ainsi son long passé. Mais la ville est contaminée. Les 4 réacteurs de la centrale menacent encore la ville. Les gens se demandent donc s’il faut rester ou partir. Lire la suite

Je veux m’intéresser cette fois à ces gens qui vivent au milieu d’une menace invisible. Montrer leur relation avec la terre qui offre ses fruits dont plus personne ne veut. Je veux montrer l’attachement à la terre natale, et comment on peut se reconstruire ailleurs. Suivre cet inlassable travail de nettoyage dont se charge des équipes de jeunes hommes . Je veux accompagner Kyoko, artiste de la 15 ème génération d’une famille de céramistes (la famille (Goto), à la recherche de son atelier à présent déserté dans la zone interdite. Une artiste à qui la terre, matière première de son art est à présent interdite, dans l’obligation de tout reconstruire ailleurs. Découvrir avec un éleveur privé de ses animaux, comment leur odeur vient à déserter les lieux. Ce film montrera des témoignages humains qui questionneront sur les racines.

Masayasu Eguchi, réalisateur

Bonjour de printemps, très vite car comme vous avez pu le constater, je n’ai plus mais plus du tout le temps de tenir mes blogs, de parler de livres ou de recettes (ni de lire ou de cuisiner d’ailleurs), et donc j’enchaîne directement sur ce beau projet de film sur Fukushima, avec appel à coproductions. On donne ce que l’on veut, on peut avoir le DVD si le projet aboutit, l’on trouve toutes les informations ainsi que le trailer (prenant, le trailer) ici :

Printemps à Hanamiyama (Fukushima) – sur Touscoprod
– pitch, édito, dons et news

Printemps à Hanamiyama : la vidéo trailer – sur DailyMotion Lire la suite

La triple catastrophe de Fukushima a un an. Séisme, tsunami, explosion nucléaire incontrôlable (et interminable), 19000 morts et un pays, un peuple, une terre contaminés pour… Morts silencieuses. Voici quelques liens à voir et partager :

* sur le toujours essentiel blog de Fukushima, synthèse des actions no-nuke du 10 et 11 mars et notamment la grande Chaîne humaine entre Lyon et Avignon pour sortir du nucléaire, avec le Réseau Sortir du Nucléaire, dont je ne peux que recommander aussi les mises à jour.
(On ne peut pas s’y rendre depuis le Nid, là, mais faites-moi confiance, c’est pour un cas de force majeure et je soutiens grandement l’initiative !)

* une soirée Thema spécial nucléaire sur Arte, passée le mardi 6 mars, à revoir gratuitement pendant une semaine via Arte+7, de nombreux reportages et notamment le premier, impressionnant, aberrant, et très clair sur les détails de la catastrophe, les mensonges officiels, les réactions de scientifiques internationaux…
Second reportage moins indispensable. Puis un numéro du Dessous des Cartes, lui, plus essentiel que jamais (et ce n’est pas peu dire vu la qualité constante de cette petite émission, on est accros). Me restent à voir les deux autres reportages et le débat, bref, une Thema bien fournie et plutôt incontournable !
Le sommaire : Lire la suite

Après les montagnes, je persiste… et signe. Deux pétitions pour le prix d’une (et gratuit et rapide avec ça), c’est Yule, et ce qui compte à Yule, c’est le sac mauve. Dans mon sac à espoirs et à prières, je mets donc, à votre disposition, et très en vitesse, ce grand texte et cette pétition indispensable pour demander un Tribunal Russell contre les crimes du nucléaire civil.
De grands noms, professeurs, scientifiques, philosophes, etc, et un argumentaire magistral sur Le blog de Fukushima :

Pour un Tribunal Russel contre les crimes du nucléaire civil

Et le lien direct vers la pétition ici :

Pétition – Tribunal Russel Nucléaire

La version courte en quelques flashs neutroniques :

* depuis 1945 il s’est produit 2400 explosions nucléaires. Lire la suite

Hello people, il est 6h04 et je ne prescris pas de la bonne humeur mais de la lecture. Il faut lire ce blog. Pas le mien mais celui d’Alain de Halleux, nommé Message in a bottle – carnet de voyage / Fukushima : From the kids of Fukushima to the world. Je l’ai découvert il y a une heure, via un article listant implacablement les dix plus grosses aberrations récentes de la situation japonaise post-catastrophe (ou per-catastrophe puisque cela continue à brûler), qui a fait réagir plusieurs d’entre nous sur le rézosocio que vous savez.

Phase 1 // L’on peut commencer, plus bref et bourré d’infos que vous ne croiserez pas ailleurs, par l’article Que se passe-t-il au Japon sur le Blog de Fukushima, pour saisir un peu à quel point cela nous dépasse, si l’on ne l’a pas déjà lu et pris en pleine gueule.
Où l’on comprendra, entre mille nouvelles hallucinantes, cette histoire sinistre de bonne humeur.

*

Phase 2 // Ensuite, je reprends ici le début de nos impressions, juste pour être dans la continuité, et parce que le Message en bouteille fait écho à plusieurs choses, mais c’est un tel prisme…

Alors voilà, mes copines et moi, on lit le truc et on dit ça : Lire la suite

…Yamadori en V.O. japonaise. Terme bien connu des bonsaïka, yamadori se réfère à de petits arbres prélevés en milieu naturel, choisis pour leur forme, étrangeté, allure particulière, rempotés puis travaillés en bonsaï. A l’origine ‘oiseau de montagne’ correspond aux hommes chasseurs de beauté, si l’on veut, qui s’en allaient dénicher, et déterrer, ces spécimens très recherchés pour leur originalité voire leurs défauts, modelés par des conditions difficiles, de vent, d’exposition, de situation, donnant des formes impossibles à retrouver sur de classiques sujets semés en pépinière.

Et alors ? Alors j’adore ce mot, voilà tout, pour sa sonorité, son sens, ce qu’il représente, et sa capacité à déployer ses ailes sur mon obsession japonisante qui n’est pas prête de se calmer ^_^

Je viens de clamer précédemment que je papoterais ici moins souvent et donnerais moins de liens – avouons que la grosse charrette précédente fait déjà office d’archives, pour une raison que personne ne peut m’expliquer, il y a toujours une disproportion étonnante entre nombre de visites et nombre de clics sur lesdits liens… bref, cf. papotage antérieur -, et je m’emploie donc ce soir à tapoter/papoter juste de ma pomme, pour le plaisir et les petites et poussantes joies du moment :)

La chose grise, plate et fortement addictive nommée l’ordi, donc, est passée au bloc et devrait revenir avec une nouvelle carte mère, et les données bien conservées dans le disque dur (si j’ai bien retenu). J’attends encore de voir pour y croire, et pour profiter des vacances pour me rattraper sur des big sauvegardes (la faute à une foi aveugle dans la religion du Mac, je crois bien, avant sous PC je sauvegardais tout précieusement, et au passage au Mcbook je me suis complètement lâchée… error !). Mais globalement c’est un gros ouf qui s’annonce ^_^

Sur ce, avant-hier me tombe dans les bras, peu après un bouquin de menuiserie ancienne, un trop joli beau livre bonsaïesque, repéré en mai-juin lors de mon plongeon initial, et intense, dans le monde un peu dingue des arbres en pot. « Bonsaï, la Nature et le Temps« , de l’espagnol Luis Vallejo. Lire la suite

Comment dit-on « île du bonheur » ou « île de la fortune » en japonais ? La réponse en bout de billet. En attendant, et comme dans l’ancien temps de ContreChant, une grosse moisson au milieu d’une longue absence.

Prologue : l’impossible billet.

… Ou comment résumer en quelques lignes (rapides, brèves, toujours la vitesse virtuelle qui nous rattrape et nous double), à la fois les voies du virtuel, donc, qui nous parlent d’un monde très – trop – réaliste, incarné, où tout vit et souffre, et où un peu de joie, aussi, quand même / et dans le même temps dédoublé, les routes réelles de notre vraie vie tridimensionnelle, où il se passe bien des choses cette année, du beau, du triste, du terrible, du génial. Mouvances climatiques sous le ciel du Nid et ailleurs, chantier complet, dans les tribus proches, dans les cœurs battant à l’unisson avec les nôtres.

Donc bien sûr, je ne peux vous parler de tout ça, de ces routes du réel, ici, d’autant que certain-e-s sont déjà au fait des actualités privées. Je pourrais, à nouveau, expliquer en détail ce que je ne sais pas très bien moi-même, à savoir, les raisons de cette présence en pointillés, en ce moment, sur la Clef et ailleurs. Certaines évidentes, d’autres plus obscures, et toujours, de plus en plus, le problème de l’ambivalence face à l’ordi/l’écran/les téléphones, comme une pierre dans mon jardin, qui me regarde et rigole de ma perplexité face à son paradoxe foncier. Bref.
Je vous épargne la suite de la tirade, et comme vous pouvez le constater au vu des effluves qui émanent de l’office de Cuivre & Cumin, quand je n’ai plus le temps ou le nerf pour me péter le dos sur mon ordi et que je ne suis pas au travail / au jardin / au lit / au livre, je cuisine un peu.

Sauf là de suite. Lire la suite

 

Décollage imminent. Valises plombant sous les yeux, nuages crépitant sur la tête, appels d’air trouant la boîte aux lettres, descellée, la pauvre. A force. Je ne vous impose qu’un passage éclair, entre deux orages de fureur (dés)informative et trois averses de larmes sur le monde en lambeaux, et je vous livre en vrac un panier de choses à signer-voir-visiter-transmettre, et indignez-vous comme disait l’autre.

La température extérieure est de Merde Ambiante Maximale. Au menu, de la fourrure, du nucléaire (trop-plein), du Tibet, du gaz, des réfugiés en plein Calais, des transition towns et une grand-mère qui nous sauvera tous.

Sans plus tarder, embarquement immédiat pour fourre-tout hétéroclite :

§

Les bêtes d’abord. Ce n’est pas si souvent :

Ecrire aux enseignes pour qu’elles stoppent la vente de fourrure
– sur FourrureTorture

… cela fait même une excellente raison pour écrire à la reine d’Angleterre, dites donc. Et comme ils disent : Lire la suite

… Nom des neiges de mai.
Et baptême païen, en six branches, des derniers atterrissages livresques, entre trois ruminations sur le monde tel qu’il ne va pas, deux macérations -vin d’oranges et hypocras- et un abonnement aigre-doux à XXI, tardif comme les flocons…
Avec quelques 4èmes de couverture pour se réchauffer les pieds.^_^

§

Bâton de parole…

PIEDS NUS SUR LA TERRE SACREE
TC McLuhan et ES Curtis
Denoël

Un moment que je le guettais. Belle facture, sobre et sépia, photos et anthologie de textes oraux ou écrits des Indiens d’Amérique du Nord. Voilà pour combler un peu mon ignorance très vaste en ce domaine, et pour confirmer, si besoin était, que décidément, non, nous ne nous rendons pas aux fêtes costumées à thème « cowboys et indiens », même-si et justement-parce-que l’ignorance sur le destin de ces peuples, donc, est générale.
Lire la suite

… Une fable de Jean de la Fontaine Mondialisée. Où messire le Bœuf, bien moins gros mais plus nombreux que dame Baleine, se demande bien pourquoi après tout, lui, il peut se faire massacrer et exploiter, et elle non (en fait, si, c’est aussi pour ça que c’est un triste et réel fabliau).

Pour connaître la -classique- moralité en forme d’argument qui tue de cette sombre histoire, il faudra aller au bout de cette petite traduction from Global Voices, la blogosphère du monde là-dehors :

LE JAPON ET LES BALEINES A NOUVEAU AU CŒUR DE LA POLEMIQUE

En résumé, il y est question entre les lignes de statut de l’animal, le bouffable, le non-bouffable, le en danger d’extinction, le à la mode de chez nous versus à la mode de ailleurs, le à pattes versus à flot.
ça n’a l’air de rien, mais ça secoue un peu les neurones — et c’est une des situations de controverse où il est fort pratique de ne bouffer ni Bœuf, ni Baleine. :P

Ni Thon rouge d’ailleurs ! Voir toujours chez les mêmes :

SURVIE DU THON ROUGE : LA PAROLE EST AUX EXPERTS JAPONAIS

… Cet article-là, je ne sais trop quoi en penser, mais ce n’est rien de dire que ça fait un drôle d’effet.

Photo from jadislherbe, blog abritant justement, sur ce « sujet animal », des extraits de L’ANIMAL SINGULIER de D. Lestel, sous le titre de « Qui est sujet ? Profond tournant du monde, retour et nouveauté« .
Une lecture revigorante et une chouette piste spécial sœur :)

Amatsubu

Gouttes de pluie, pour soif de Levant… Perlant sur les bambous, des ouvrages techniques, littéraires, et un peu les deux. EN ou FR c’est selon :

The Japanese Bath – Bruce Smith & Yoshiko Yamamoto
Plus rêveur que technique, pour le coup, celui-ci fait le pont entre Est et Ouest (californien) et offre une philosophie du bain, de superbes photos de réalisations et une envie qui démange d’aller se plonger dans ces eaux brûlantes… Lire la suite

Nuit blanche et nuages verts. Souffles paisibles au milieu du tumulte, il est certains livres qui vous lavent et vous apaisent. Complet, clair, agréable. Nulle philosophie — et pourtant.

En attendant la prochaine pluie feuillue, en sédimentation, il est un livre qui m’a trouvée, occasion imprévue sur une table de marché. Niwaki – taille et conduite des arbres et arbustes à la japonaise, de Jake Hobson (éditions du Rouergue) est *le* book sur la taille japonaise.
Dévoré comme un roman, j’y ai trouvé tout ce qu’il fallait, les schémas pédagogiques, le texte plein d’humour british, les superbes photos, les arbres principalement utilisés au Japon (et leurs équivalents possibles en Europe), et — cette fois — un vrai contenu.

Plus que tout, l’esprit insaisissable du jardin japonais est ici tout à fait bien transmis, sans excès mystique et sans « placage » occidental (= deux bambous et trois fontaines pour faire bien, en gros, sans rien capter à l’essence de la chose). Les portes ouvertes sont à la fois simples et vastes, prometteuses.

Bref ce livre me plaît beaucoup. :)

Et on constate avec plaisir l’hommage rendu, sur un petit chapitre, aux jardiniers eux-mêmes, chez qui l’auteur a été formé.

*

Maintenant, je profite de ce cadre de verdure pour m’exercer un peu, très maladroitement il est vrai, sur les arbustes du jardin. Les résultats se comptant en années, soit bien plus que mon impatience, pour l’heure c’est juste bizarre. ^^

Mais cela n’empêche de bicher sur les beaux outils pour taille et ikebana, sur Niwaki.com, où l’édition en anglais est d’ailleurs disponible.
Ni de rappeler l’existence essentielle du Guide pratique du jardin japonais, de Motomi Ogushi (éditions De Vecchi), qui est une mine de première main, et qui concerne tout le jardin.

Pour ouvrir une dernière piste, et rêver sur les collections médicinales… JARDINS BOTANIQUES JAPONAIS, avec une impressionnante liste de jardins botaniques et médicinaux. En français s’il vous plaît. :)

Nouvelle averse livresque sur mes rayonnages (et en piles éparpillées), des en commande, des attendus, des en attente, des lus ou en lecture… Aperçu entre les gouttes des nouveaux (bien)venus ou anciens retrouvés :

La ferme des animaux – George Orwell
Fini il y a peu, didactique (limite relou) mais à la logique implacable, pour qui sait lire entre les lignes et les sabots. La critique de la domination et le pouvoir montant à la tête, en font une brève et cinglante épopée funèbre du communisme –et de son idéal bien vite transformé en nouvelle dictature semblable aux précédentes. Et dire que j’étais passée toutes ces années à côté de ce parfait classique !

Plaidoyer pour l’arbre – Francis Hallé
Une (volumineuse) petite merveille de biologie, d’histoire et de savoir encyclopédique sur ces incroyables créatures, avec une prédilection pour les espèces exotiques, dont l’auteur est spécialiste. A savourer, et je commence juste… Lire la suite