Tag Archive: Amérindiens


Comment dit-on « île du bonheur » ou « île de la fortune » en japonais ? La réponse en bout de billet. En attendant, et comme dans l’ancien temps de ContreChant, une grosse moisson au milieu d’une longue absence.

Prologue : l’impossible billet.

… Ou comment résumer en quelques lignes (rapides, brèves, toujours la vitesse virtuelle qui nous rattrape et nous double), à la fois les voies du virtuel, donc, qui nous parlent d’un monde très – trop – réaliste, incarné, où tout vit et souffre, et où un peu de joie, aussi, quand même / et dans le même temps dédoublé, les routes réelles de notre vraie vie tridimensionnelle, où il se passe bien des choses cette année, du beau, du triste, du terrible, du génial. Mouvances climatiques sous le ciel du Nid et ailleurs, chantier complet, dans les tribus proches, dans les cœurs battant à l’unisson avec les nôtres.

Donc bien sûr, je ne peux vous parler de tout ça, de ces routes du réel, ici, d’autant que certain-e-s sont déjà au fait des actualités privées. Je pourrais, à nouveau, expliquer en détail ce que je ne sais pas très bien moi-même, à savoir, les raisons de cette présence en pointillés, en ce moment, sur la Clef et ailleurs. Certaines évidentes, d’autres plus obscures, et toujours, de plus en plus, le problème de l’ambivalence face à l’ordi/l’écran/les téléphones, comme une pierre dans mon jardin, qui me regarde et rigole de ma perplexité face à son paradoxe foncier. Bref.
Je vous épargne la suite de la tirade, et comme vous pouvez le constater au vu des effluves qui émanent de l’office de Cuivre & Cumin, quand je n’ai plus le temps ou le nerf pour me péter le dos sur mon ordi et que je ne suis pas au travail / au jardin / au lit / au livre, je cuisine un peu.

Sauf là de suite. Lire la suite

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Mangez Buvez Gavez - sur Tramage.comGrains égrenés, semés au vent… S’il fallait ne passer qu’un témoin parmi les quinze de cette triste semaine, ce serait celui-ci, que je vous conseille sans réserve : le court-métrage « Mangez Buvez Gavez », de David Myriam (voir son site ici, et puis Tramage d’où est issu le dessin de tête), qui montre brillamment et douloureusement quelque chose que je connaissais – la torture des oies par la pratique du gavage – à l’aide d’une technique d’animation que je ne connaissais pas – le dessin-performance sur sable & lumière.

Vais-je vous gaver avec les oies gavées ?
Vous ferai-je l’affront de rappeler l’existence de Stop Gavage, dont je parlais à l’occasion d’un Noël antérieur, dans ce petit billet ?
Ou laisserai-je opérer la magie du souffle sur le sable ?

Voilà une œuvre estimable, émouvante, énervante, dé-tranquillisante. Voilà, comme le nom l’indique, enfin, ce que devrait toujours être l’art : de l’art engagé. Aussi fort politiquement et symboliquement que réussi et inventif esthétiquement. S’il en reste pour dire que l’art ça ne sert à rien… Ben, qu’on leur donne un cœur. Lire la suite

 

Décollage imminent. Valises plombant sous les yeux, nuages crépitant sur la tête, appels d’air trouant la boîte aux lettres, descellée, la pauvre. A force. Je ne vous impose qu’un passage éclair, entre deux orages de fureur (dés)informative et trois averses de larmes sur le monde en lambeaux, et je vous livre en vrac un panier de choses à signer-voir-visiter-transmettre, et indignez-vous comme disait l’autre.

La température extérieure est de Merde Ambiante Maximale. Au menu, de la fourrure, du nucléaire (trop-plein), du Tibet, du gaz, des réfugiés en plein Calais, des transition towns et une grand-mère qui nous sauvera tous.

Sans plus tarder, embarquement immédiat pour fourre-tout hétéroclite :

§

Les bêtes d’abord. Ce n’est pas si souvent :

Ecrire aux enseignes pour qu’elles stoppent la vente de fourrure
– sur FourrureTorture

… cela fait même une excellente raison pour écrire à la reine d’Angleterre, dites donc. Et comme ils disent : Lire la suite

Avec l’opération Carré Vert, on peut acheter des lopins de Sierra colombienne pour « rendre la terre à ses gardiens« , en l’occurrence aux Indiens Kogis. Pour une action concrète, utile, à la portée de tous – on peut acheter des petits petits bouts, et même planter des arbres, un peu comme dans le projet Trees for Life en Ecosse -, suivez le sentier :

TCHENDUKUA, ici et ailleurs
– OPERATION CARRE VERT

Le projet, plus qu’avancé et très cohérent (pour le coup), est issu de la persévérance du géographe Eric Julien, un gars qui vit sa vie sauvée par les Kogis et qui en partant demanda comme ça « que puis-je faire pour vous aider ?« … Il avait posé la bonne question ! Les détails de cette histoire et du parcours du monsieur sont audibles sur les podcasts de l’émission Terre à Terre de France Culture, c’est une émission titrée La relation homme-nature (2).

Acheter la terre pour la rendre aux Indiens, donc ; y (re)planter les bases d’une nouvelle forêt ; mais aussi rendre à nouveau accessibles des sites sacrés, des lieux de culte, car aux yeux des Kogis la Terre n’est pas juste un assemblage de propriétés ou un terreau productif, elle… est.
L’association Tchendukua s’occupe même de retrouver et racheter (car c’est payant !) des objets rituels, funéraires, recelés et vendus par les pilleurs de tombes.

Bon, c’est eux qui en parlent le mieux, je transfère donc ici intégralement le « message des Kogis » (c’est moi qui souligne) :

Les petits frères abîment tout,  pas seulement la Sierra, non ils abîment la terre, la nature, ils ne respectent rien.  Au début, beaucoup de Kogis ne vous croyaient pas.. Ils pensaient que vous étiez comme les autres, que vous veniez acheter la terre pour vous. Beaucoup de gens viennent ici pour prendre, utiliser, se servir. Ils ne protègent pas les choses, ils ne les pensent pas, ils les utilisent. Maintenant on voit que si, c’est vrai, vous travaillez vraiment pour la Sierra, pour essayer de redonner de la force à la nature. Lire la suite

Trouvée sur le site Amérindiens libres (farci d’ailleurs de nombreuses pistes à suivre), la pétition du Chef Raoni demande l’abandon du projet de barrage hydro-électrique de Belo Monte, qui mettra populations et écosystèmes en état de mort. Signer pour protéger l’Amazonie c’est donc ici :

DEMANDE DE SOUTIEN INTERNATIONAL DU CHEF RAONI
ET DES REPRESENTANTS DES PEUPLES INDIGENES DU XINGU (Brésil)
CONTRE LE PROJET BELO MONTE

Voici le début du texte de la pétition, consultable intégralement sur raoni.fr :

Nous, peuple indigène du Xingù, ne voulons pas de Belo Monte. Nous, peuple indigène du Xingù, luttons pour notre peuple, pour notre terre mais aussi pour l’avenir de la planète. Le président Lula a déclaré qu’il était inquiet pour les Indiens, qu’il était préoccupé par l’Amazonie et qu’il ne voulait pas que des ONG internationales s’opposent au barrage de Belo Monte. Nous ne sommes pas des ONG internationales. Nous, les 62 leaders indigènes des villages de Bacajâ, Mrotidjam, Kararaô, Terra-Wanga, Boa Vista Km 17, Tukamâ, Kapoto, Moikarako, Aykre, Kiketrum, Potikro, Tukaia, Mentutire, Omekrankum, Cakamkubem et Pokaimone, avons déjà subi de nombreuses invasions et affronté de nombreux dangers.

Lorsque les Portugais sont arrivés au Brésil, nous, les Indiens, étions déjà là ; beaucoup sont morts, beaucoup ont perdu leurs vastes territoires, la plupart de leurs droits, beaucoup ont perdu une partie de leur culture et d’autres groupes ont totalement disparu.

La forêt est notre épicerie, la rivière notre marché. Nous ne voulons pas que les cours d’eau du Xingù soient envahis et que nos villages et nos enfants, qui seront élevés selon nos coutumes, soient en danger. Nous ne voulons pas du barrage hydroélectrique de Belo Monte car nous savons qu’il n’apportera que destruction. (…)

Bonnes signatures !

… Nom des neiges de mai.
Et baptême païen, en six branches, des derniers atterrissages livresques, entre trois ruminations sur le monde tel qu’il ne va pas, deux macérations -vin d’oranges et hypocras- et un abonnement aigre-doux à XXI, tardif comme les flocons…
Avec quelques 4èmes de couverture pour se réchauffer les pieds.^_^

§

Bâton de parole…

PIEDS NUS SUR LA TERRE SACREE
TC McLuhan et ES Curtis
Denoël

Un moment que je le guettais. Belle facture, sobre et sépia, photos et anthologie de textes oraux ou écrits des Indiens d’Amérique du Nord. Voilà pour combler un peu mon ignorance très vaste en ce domaine, et pour confirmer, si besoin était, que décidément, non, nous ne nous rendons pas aux fêtes costumées à thème « cowboys et indiens », même-si et justement-parce-que l’ignorance sur le destin de ces peuples, donc, est générale.
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Amers Indiens

Cette petite pétition promise à grandir (I hope) est destinée à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et concerne, on l’aura saisi, la reconnaissance du génocide Amérindien comme crime contre l’humanité.

PETITION – GENOCIDE AMERINDIEN

Quoi de neuf dans tout cela, me direz-vous.
Rien, si ce n’est -nuance de taille- qu’il ne peut y avoir de prescription pour de tels actes.
Que quoi qu’ait dit exactement Chef Seattle, puisque tournent diverses versions plus ou moins folkloriques de ce fameux discours évoqué ci-avant, il y avait quelque chose d’imprescriptible justement dans ses mots, et une prophétie à entendre.
Et qu’en y réfléchissant une demi-seconde, il paraît de toute manière inconcevable de s’outrager de la destruction d’un peuple sans être autant choquée par la destruction d’un autre.

Je n’ai, d’évidence, ni la case espace-temps, ni l’exhaustivité, ni quoi que ce soit d’objectif pour justifier les choix impossibles de certains combats et pas d’autres, mais n’empêche. Si un peu, un peu, d’universalité pouvait faire basculer les regards, forcer les paupières, si seulement on pouvait éduquer les cœurs, et si l’on travaillait à les agrandir.

De fait, un de mes prochains craquages livresques ira probablement du côté de cette histoire-là, j’ai bien envie de trouver Pieds nus sur la terre sacrée (ainsi que le temps de le lire, comme toujours), et quelques autres…

NB. Décidément aujourd’hui, les caprices de WP sont aussi surprenants que les générations spontanées de pétitions de l’autre-bout-du-monde !