Tag Archive: sexisme


(Note pour les lecteurs de Clef : attention, billet long et pas drôle. Ceci est un mail envoyé aux auteurs de l’article, et en copie, billet déposé ici pour mémoire – justement. Il est conseillé, pour en comprendre la raison, de lire d’abord et surtout l’article en question, chez ‘Les mots sont importants’, lien ci-dessous. Et il est plus que recommandé de rebondir en mode Perce-neige du billet précédent, autrement plus positif et engageant ; j’aurais voulu ne pas poursuivre la semaine sur une note si sombre, mais parfois il le faut. A très vite donc, et plantez plein de graines !!)

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Bonjour,

un courrier que je voulais rapide, mais qui sera long, pour vous remercier, grandement, de ce texte tout juste paru sur Les mots sont importants intitulé Violence Normale Supérieure, et qui revient sur les diverses formes de discriminations violentes à l’œuvre à l’Ecole Normale Supérieure.

J’ai donc lu votre document. J’ai eu l’impression de replonger sans préavis dans la première moitié de mes années de médecine.

Ce n’était donc pas l’ENS mais pourtant, que de similitudes, que de sentiment de triste et sale familiarité dans ce que j’ai lu. L’ambiance sexiste ordinaire, la grossièreté crasse à tous les étages, le racisme à peine voilé quand il n’est pas claironné, et puis, oui, il était important de le souligner, ce racisme de classe encore plus présent, fort, détestable, dégueulasse. Lire la suite

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Lettre à René

Mon cher René,

votre envoi me déçoit beaucoup, et m’interroge. En plus, j’étais en train de penser à vous, venant à l’instant (à l’instant !) de lire d’une traite le « Discours sur le colonialisme » du grand Aimé Césaire.
Quel rapport, me direz-vous.
Et bien voici.

Ce livre traînait sur la table depuis quelques jours, je me promettais de le lire.

Ce matin, aux infos france-culturiennes (auxquelles, vous aviez raison, il faut prêter une oreille de plus en plus critique, mais bref), l’on me parle du défilé du 14 juillet version 2010, vous savez bien, celle où on fait semblant de rattraper l’irrattrapable en faisant défiler des soldats africains cinquante ans trop tard.
Je me dis donc, c’est un bon jour pour lire ce livre.
Je le dévore. J’en tape sur la table. J’en ai les larmes aux yeux.
L’image du brouillard de sang me suit, suinte, colle.
Je veux en acheter des exemplaires à envoyer à plein de monde.
Je repense, très vite, à tout ce que vous avez dit sur la colonisation, l’impérialisme occidental mortifère, les gens classés par numéro de race, les Expositions Universelles, etc. Lire la suite